L'agrandissement controversé du Château Laurier continue de faire couler passablement d'encre.

Château Laurier: les opposants n'arrivent pas à retarder une dérogation mineure

Larco Investments devra attendre jusqu’à vendredi prochain — le 27 septembre — pour savoir si elle pourra commencer les travaux pour l’annexe controversée du Château Laurier.

De nombreux opposants se sont présentés à la réunion du comité de dérogation de la Ville d’Ottawa pour bloquer la dernière étape nécessaire avant le début de la construction.

L’avocat de Patrimoine Ottawa — qui poursuit la Ville d’Ottawa —, Marc Denhez, a d’abord plaidé pour un ajournement de la requête de dérogation mineure de Larco Investments.

Me Denhez a rappelé que la Cour supérieure doit se prononcer sur la légalité du processus d’octroi d’un permis en matière de patrimoine par la Ville d’Ottawa. Le comité a fait fi de ces arguments et a choisi d’examiner la demande de dérogation du propriétaire du Château Laurier, mercredi après-midi.

Après de longs débats durant lesquels plusieurs opposants au projet de développement de l’hôtel ont pris la parole, le président du comité de dérogation, John Blatherwick, a annoncé que le comité délibérera au cours des prochains jours et rendra une décision écrite le vendredi 27 septembre.

Retarder la construction

La dérogation mineure demandée par Larco Investments est essentiellement pour autorisée une réduction l’espace entre l’annexe du Château Laurier et le parc Major dans le but d’inclure une passerelle piétonnière entre l’édifice et le terrain qui appartient à la Commission de la capitale nationale.

L’agent autorisé de l’entreprise, Dennis Jacobs, a indiqué à quelques reprises au comité de dérogation mercredi que le rejet de leur requête forcerait le propriétaire l’hôtel à reformuler une demande de permis en matière de patrimoine à la Ville d’Ottawa, puisque cette passerelle fait partie du projet approuvé par le conseil municipal en juillet dernier.

Marc Denhez indique pour sa part que ce processus de dérogation mineure est une opportunité pour les opposants de retarder le début des travaux. 

Il avoue ouvertement que Patrimoine Ottawa lui a livré le mandat de contester l’éventuel octroi de cette dérogation mineure devant le Tribunal d’appel de l’aménagement local.

« Selon le règlement de zonage, quand on démolit quelque chose qui fait partie d’un ensemble patrimonial, [on peut] le remplacer avec quelque chose du même caractère et du même volume », souligne Me Denhez.

« Ça, c’est un projet qui remplace le garage qui était à l’arrière du Château Laurier, pas du tout semblable à ce qui était là auparavant. Ce que l’on prétend, c’est qu’il faut une demande de dérogation mineure pour n’importe quoi qui changerait le volume et le caractère de ce qu’on vient de remplacer. Il n’y a aucun élément de cet aspect dans la demande du promoteur », ajoute l’avocat de Patrimoine Ottawa.

Devant le comité, M. Jacobs et l’avocate de Larco Investments, Emma Blanchard, ont indiqué qu’ils considèrent plutôt qu’il s’agit d’une nouvelle décision.

C’est entre ces deux positions que le comité de dérogation devra trancher au cours des prochains jours. 

D’une façon ou d’une autre, Patrimoine Ottawa est déterminé à empêcher la construction de l’annexe du Château Laurier.

« Espérons que la décision nous sera favorable, mais si elle ne l’est pas, on est préparé », lance Me Denhez.