Le conseil municipal d'Ottawa lors d'une réunion à l'hôtel de ville.

Changements climatiques: une «transformation monumentale» se prépare à la Ville d’Ottawa

La Ville d’Ottawa se fixe l’objectif de réduire complètement ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2040, en espérant convaincre citoyens et entreprises de l’imiter pour qu’il n’y ait aucune émission sur l’ensemble de son territoire d’ici 2050.

«C’est sûr que ça donne un peu le vertige, c’est une transformation monumentale de nos façons de faire», souligne le conseiller municipal et président du Comité de protection de l’environnement, de l’eau et de la gestion des déchets de la Ville d’Ottawa, Scott Moffatt.

Le Plan directeur sur les changements climatiques adopté par le Comité mardi prévoit des mesures dans l’ensemble des départements de la municipalité. Des mesures qui vont de la gestion des déchets à l’électrification des resurfaceuses dans les arénas. Ce dernier item est d’ailleurs un exemple de ce qui doit arriver pour que la Ville puisse atteindre ses objectifs, souligne M. Moffatt.

«On parle de resurfaceuses électriques et on se demande tout de suite quel est le coût et sont-elles disponibles en ce moment? [...] On a besoin que le marché rejoigne nos ambitions, il doit changer. L’industrie du transport évolue, mais pour atteindre nos objectifs, il faut que ça continue.»

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La Ville d’Ottawa n’est toutefois pas à quelques évolutions technologiques près d’avoir le contrôle de sa destinée. Les façons de faire actuelles dans plusieurs secteurs d’activité représentent des obstacles importants, reconnaît Scott Moffatt.

«On possède un site d’enfouissement. C’est un obstacle, mais on ne peut pas juste le vendre et se dire qu’on a atteint nos objectifs. Notre flotte d’autobus en est une autre. On a [la ligne Trillium de l’O-Train], une ligne de train au diésel qu’on va allonger», indique le conseiller du quartier Rideau-Goulbourn.

«Tous nos bâtiments et nos véhicules ont un cycle de vie et doivent être remplacés à un certain moment. C’est une question de changer nos façons de faire à l’avenir quand ça arrive. On ne doit pas trouver 3 billions $ et tout faire aujourd’hui. Ça va se faire graduellement», ajoute M. Moffatt d’un ton optimiste.

Vif intérêt

La salle Champlain de l’hôtel de ville était pleine mardi matin pour assister à l’adoption du Plan directeur sur les changements climatiques.

Le directeur général d’Écologie Ottawa, Robb Barnes, a par exemple remercié la Ville d’inclure dans son plan la nécessité de fournir une mise à jour annuelle sur l’évolution des émissions de GES plutôt qu’une fois par mandat du conseil municipal, comme c’était le cas jusqu’à maintenant.

«Les élus de cette ville ont été lents avant de s’intéresser sérieusement à l’enjeu des changements climatiques, contrairement au personnel de la municipalité, mais maintenant, j’ai espoir», a de son côté lancé Ella Mar aux membres du CPEEGD.

Peu surpris de l’intérêt en raison de l’ampleur des changements que représente ce plan, Scott Moffatt y voit surtout un bon départ pour l’atteinte des objectifs. Pour éliminer toutes les émissions de GES à Ottawa d’ici 2050, les citoyens devront mettre la main à la pâte et faire des choix difficiles eux aussi.

«Il faut qu’on se dirige vers une flotte de véhicules presque complètement électrique à travers la ville, et pas seulement ceux qui appartiennent à la municipalité, ceux du public également», soutient M. Moffatt.

Après son passage devant le Comité de protection de l’environnement, le Plan directeur sur les changements climatiques doit maintenant être entériné par le conseil municipal avant d’entrer officiellement en vigueur.