Jacques de Courville Nicol a lancé le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue en mai.

Capitale bilingue avant 2017: objectif inchangé

Un an après sa création, le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue (MOCOB) caresse toujours le rêve de voir son projet aboutir à temps pour les célébrations entourant le 150e anniversaire du Canada, en 2017.
Le coordonnateur du MOCOB, Jacques de Courville Nicol, se réjouit qu'une cinquantaine d'organismes francophones tels que des institutions d'éducation, des associations communautaires, des groupes politiques et des regroupements de gens d'affaires et de citoyens ont donné leur appui au projet. De plus, des milliers de personnes à travers le pays ont manifesté leur appui en signant une pétition.
« C'est un succès qui nous a surpris nous-mêmes et qui continue de grandir », a indiqué M. de Courville Nicol lors d'un entretien téléphonique.
Dans sa quête pour obtenir des appuis, il a néanmoins constaté un manque d'intérêt au projet de la part de la population anglophone. Pour la prochaine année, le mouvement compte déployer tous les efforts afin de rejoindre cette portion de la population. « On va se concentrer pour aller chercher les appuis chez les anglophones pour qu'ils se prononcent sur ce qui est, selon moi, un symbole et une réalité qui reflète le pays, son histoire, et le partenariat constitutionnel entre les anglophones et les francophones », a précisé M. de Courville Nicol.
Un projet avorté
L'idée d'une capitale bilingue ne date pas d'hier, ajoute-t-il. C'est en 1970 que la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme l'a évoquée pour une première fois. À l'époque, Jacques de Courville Nicol était impliqué à titre de directeur des langues officielles au Conseil du Trésor dans l'appareil fédéral.
« Les circonstances ont voulu qu'à ce moment ce ne soit peut-être pas possible à réaliser parce qu'on travaillait déjà sur le bilinguisme à travers le pays suite à l'adoption de la Loi sur les langues officielles en 1969 », de dire M. de Courville Nicol.
La recommandation pour une Capitale nationale bilingue est ainsi demeurée lettre morte.
« Malheureusement, les gouvernements ont changé et on n'a pas réussi à mettre en place ces recommandations ».
Convaincre les anglophones
Le coordonnateur du mouvement concède que le bilinguisme au pays a progressé depuis 150 ans, mais déplore que la vision des pères de la Confédération n'ait pas encore été réalisée. « On est encore à l'étape où notre capitale est toujours unilingue anglophone, ce qui est complètement inacceptable ».
Selon lui, il en reviendra à la majorité anglophone de décider si elle va resserrer ou pas les liens avec les francophones.
« En 2017, nous allons mobiliser la population soit pour célébrer le bilinguisme de la Capitale de notre pays où déplorer le fait que ce n'est pas le cas et que la situation inacceptable est maintenue », a conclu M. de Courville Nicol.