Cannabis à Ottawa: un rapport favorise la vente au détail

La vente au détail du cannabis par le secteur privé doit être implantée à Ottawa, selon un rapport préparé par l’administration municipale et présenté mercredi.

Les élus devront voter sur la recommandation du rapport lors d’une séance extraordinaire prévue le 13 décembre prochain. Les délégations publiques auront la chance de se faire entendre au même moment.

La Ville a sondé ses résidents afin de prendre le pouls de ceux-ci. Plus de 23 000 personnes ont répondu à un sondage en ligne, dont près de 16 000 provenaient d’Ottawa. Il s’agit du plus haut taux de réponse qu’a connu la Ville dans un dossier.

Du nombre, 78 % affirment être en accord avec la présence d’établissements de vente au détail du cannabis dans la capitale fédérale et 20 % se disent en désaccord.

Selon un sondage téléphonique mené par la société EKOS auprès de 803 Ottaviens, 43 % des répondants s’opposent au modèle de vente et 48 % sont en faveur.

« Ce n’est pas parfait, met en garde Anthony Di Monte, directeur général des services d’urgence et de protection. Le désavantage d’un sondage en ligne, c’est que n’importe qui peut y répondre comme un groupe de pression qui peut demander à ses membres de participer en grand nombre. »

En tout, cinq raisons ont été soulevées pour recommander aux élus d’autoriser la présence de magasins de cannabis à Ottawa.

L’effet dissuasif sur le marché noir et la criminalité, l’occasion de développement économique, la considération de santé publique comme le contrôle de la qualité du produit, les résultats de la consultation publique et l’accès à des fonds provinciaux figurent parmi les éléments.

« Il y aurait un impact négatif si le marché noir continue de se développer pour l’accès au mineur entre autres, explique M. Di Monte. Il y a des avantages avec des magasins publics. Par exemple, la qualité du produit est plus facile à contrôler et ce sera plus facile d’offrir de l’appui et de l’éducation ans dans un lieu physique. » De son côté, le maire Jim Watson avait annoncé en campagne électorale qu’il voterait en faveur de l’ouverture de magasins de vente au détail même s’il avoue faire preuve de certaines réticences.

« C’est important pour nous d’avoir un peu de pouvoir pour contrôler le nombre de magasins sur une rue ou dans un quartier. Deuxièmement, je pense que c’est important d’avoir la possibilité pour la Ville de contrôler les emplacements. Par exemple, je ne pense pas que c’est une bonne idée d’avoir un magasin de cannabis à côté d’une école. La province est vraiment claire, ajoute le maire. Les règles sont les règles et les municipalités n’ont pas de pouvoir. Est-ce que la province va changer son point de vue ? J’espère que oui, mais je ne suis pas optimiste. »

Rappelons que la municipalité a jusqu’au 22 janvier pour décider si elle adhère au modèle proposé par la province. Si la Ville adhère, elle n’aura pas la possibilité de revenir sur sa décision plus tard. Toutefois, si elle renonce au modèle de vente elle aura la possibilité de revenir sur sa décision une seule fois.

Depuis la légalisation du cannabis à des fins récréatives le 17 octobre, la substance est disponible en ligne auprès de la Société ontarienne du cannabis.

La municipalité n’a pas observé de hausse du nombre d’incidents liés au cannabis depuis la mi-octobre du côté des services de police et paramédical.