Le maire d'Ottawa Jim Watson.

Budget ontarien: la région a de grandes attentes

La région de la capitale nationale a de grandes attentes à quelques heures du dépôt du budget ontarien. Il reste à savoir maintenant si le plan économique proposé par le gouvernement minoritaire libéral pourra être mis en oeuvre ou s'il sera remisé avec le déclenchement d'une élection.
«D'abord et avant tout, il va de soi que le gouvernement doit faire preuve d'une gestion prudente des fonds publics, avance Ian Faris, président et directeur général de la Chambre de commerce d'Ottawa.  Selon une étude du Conference Borard du Canada, 93% des entreprises ontariennes souhaitent une réduction de la dette.»
Plus précisément, le porte-parole de la communauté d'affaires d'Ottawa croit qu'un abaissement aux taxes des entreprises s'avère primordial pour assurer la croissance économique locale. «Si les PME peuvent profiter d'une baisse, ça serait fantastique, s'exclame-t-il lorsque questionné à ce sujet. Mais toutes les entreprises bénéficieraient d'une diminution aux taux de taxes.»
La hausse aux tarifs d'électricité ennuie aussi M. Faris. «D'ici trois ans, ils bondiront de 33%. Ces coûts compliquent la vie des entreprises qui tentent de rivaliser avec leurs compétiteurs dans d'autres régions, tels les États-Unis, voire le Québec.»
En matière de tourisme,  le PDG espère obtenir des appuis financiers récurrents pour les grandes fêtes de la grande région de la capitale nationale.  Mais il s'inquiète surtout d'une possible hausse aux taxes du carburant utilisé dans l'aviation, tel qu'évoqué dans un mystérieux document libéral qui a fait surface mardi. «Si c'est vrai, on parle de tripler les taxes sur le carburant. Une telle mesure nous nuit, car les compagnies aériennes ne vont certes pas se ruer pour développer de nouveaux vols en direction d'Ottawa!»
Rivière des Outaouais
À l'hôtel de ville, le maire Jim Watson mise surtout sur l'octroi de fonds pour assainir la rivière des Outaouais.
«Le Plan d'action de la rivière des Outaouais demeure la grande priorité en matière d'infrastructure de la Ville d'Ottawa, commente-t-il. [...] Nous avons besoin de 65 millions de dollars de la part de chacun des gouvernements fédéral et provincial afin de terminer ce projet. Dans le budget provincial, nous espérons qu'il y aura d'autres détails concernant le financement des infrastructures provinciales afin que la Ville puisse demander d'autres fonds dans le cadre de ce projet d'envergure.»
La balance du pouvoir au NPD
Les désirs de la Chambre de commerce et de la Ville d'Ottawa pourraient toutefois s'avérer futiles si jamais le budget était défait par l'un des partis de l'opposition, déclenchant ainsi une élection générale.
Il est d'ores et déjà connu que les conservateurs s'objecteront au budget alors que la position du Nouveau Parti démocrate (NPD) demeure floue.  Leur chef, Andrea Howarth, a déjà averti qu'elle n'appuierait pas un budget qui impose des hausses de taxes à la classe moyenne. À son avis, les entreprises doivent aussi contribuer davantage pour le financement du transport en commun et des infrastructures. Selon les premières indications, le budget des libéraux répond aux demandes fiscales des néo-démocrates.
«Nous allons jeter un oeil à ce budget, écouter les doléances de la population de l'Ontario, et prendre une décision», a déclaré Mme Howarth, hier, quant à ses intentions.
Avec La Presse Canadienne