Le budget 2019 du Service de police d’Ottawa a été approuvé lundi par la Commission de services policiers d’Ottawa.

Budget de la Police d'Ottawa: hausse de 12,2 M$ en 2019

Le budget 2019 du Service de police d’Ottawa (SPO) a été approuvé lundi par la Commission de services policiers d’Ottawa, mais pas avant que la force policière eut été la cible de critiques acerbes de groupes communautaires.

Le SPO a un budget opérationnel net de 306,5 millions $ cette année, une hausse de 12,2 M$ sur 2018 qui respecte le plafond d’augmentation de 3 %, comme demandé par la Ville.

Initialement, le SPO avait présenté un budget avec des besoins additionnels de 18 M$, ce qui aurait entraîné une hausse de 5,1 % de la taxe municipale sur la police. La Ville avait alors demandé au SPO de revoir son exercice budgétaire.

Le police a donc revu à la baisse certaines dépenses, dont les heures supplémentaires. Des dépenses, comme l’acquisition de carabines, ont aussi été reportées à 2020. La police d’Ottawa augmentera de 15 % les frais liés à l’embauche d’agents à services rémunérés lors d’événements pour le secteur privé et les clients de la Ville d’Ottawa.

La Ville accepterait de verser un financement exceptionnel de 2,4 M$, ce qui permettra au SPO d’éponger une partie de la différence.

Une hausse du nombre de 30 agents affectés à la lutte aux armes à feu et aux gangs de rue, à la circulation et aux enquêtes portant sur la violence à l’endroit des femmes figure parmi les priorités du budget de cette année au chapitre du financement.

« Je crois que nous livrons un budget qui répond aux besoins de la communauté, qui maintiendra Ottawa sécuritaire et qui appuiera nos policiers dans le travail très difficile qu’ils font », a expliqué le chef de police d’Ottawa, Charles Bordeleau.

Le budget du SPO doit être approuvé lors de la séance du conseil municipal du 6 mars.

Critiques

L’organisme Prévention des surdoses Ottawa aurait souhaité que la hausse du budget accordé à la police soit plutôt dirigée vers des programmes d’éducation, de logements sociaux et d’aide alimentaire, entre autres. Ils ont même recommandé une baisse du budget de la police.

« Il y a des policiers qui stationnent délibérément leur véhicule devant des services de réduction des risques [comme des piqueries supervisées] afin de dissuader la clientèle. Ces tactiques créent des barrières pour l’accès aux services, et cela aura comme résultat de causer des mortalités », a affirmé Lisa Wright, de Prévention des surdoses Ottawa.

La fondatrice de Prévention du crime Vanier, Lucie Marleau, a déploré la perte de la police de quartier.

« Nous avons perdu six policiers communautaires à Vanier depuis 2007, ce qui se traduit en moyenne par un nouveau policier communautaire chaque deux ans ou moins et ce, sans compter les longues périodes sans policier communautaire. Et, il n’y a pas eu de transfert de connaissances entre l’ancien et le nouveau policier communautaire », a notamment déploré Mme Marleau.

Nouveau chef

La Commission de services policiers d’Ottawa a choisi d’ouvrir à la grandeur du pays sa chasse au successeur de Charles Bordeleau, qui prend sa retraite le 4 mai.

« Tôt dans le cadre du processus de sélection, la Commission prévoit consulter la population afin de savoir ce qu’elle veut voir dans leur nouveau chef de police », a indiqué la présidente de la Commission, Diane Deans.

La Commission doit aussi trouver une nouvelle personne à la direction générale du SPO puisque la directrice générale actuelle, Debra Frazer, prend sa retraite au mois d’avril.

Une entreprise de chasseurs de têtes sera mandatée pour trouver les candidats aux deux postes.