Dans le marché By, trois boutiques de cannabis ont pignon sur rue et cinq demandes sont en traitement.
Dans le marché By, trois boutiques de cannabis ont pignon sur rue et cinq demandes sont en traitement.

Boutiques de cannabis: frustrations à la Ville d’Ottawa

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
La frustration se fait de plus en plus sentir au conseil municipal d’Ottawa, alors que les municipalités n’ont toujours aucun contrôle sur l’emplacement des boutiques de cannabis.

Le conseiller du quartier Rivière, Riley Brockington, mobilise des leaders de sa communauté depuis plus d’une semaine pour s’assurer de faire savoir à la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario (CAJO) que les résidents du secteur ne veulent pas qu’elle octroie la licence demandée par l’entreprise Corner Cannabis au 3310, chemin McCarthy.

«Cette boutique serait littéralement située entre deux parcs, indique M. Brockington. Je suis raisonnable et ne me suis opposé à aucun point de vente jusqu’à maintenant […], mais je ne veux pas qu’ils fassent partie du paysage où les enfants passent beaucoup de temps.»

Dans la loi ontarienne pour gérer la légalisation de la marijuana, les municipalités n’ont pas le pouvoir de contrôler l’emplacement des boutiques de cannabis, même à travers leurs règlements de zonage.

Elles ne peuvent par exemple pas établir des critères encadrant le nombre de points de vente dans un même quartier ou leur proximité de parcs et d’autres installations pour enfants.

La CAJO a le plein pouvoir d’octroyer une licence aux demandeurs de permis, même si les municipalités ont l’opportunité de soumettre des commentaires.

La Ville d’Ottawa s’est dotée de critères internes qui permettent à l’administration de déterminer à quel moment elle doit intervenir pour inviter la CAJO à rejeter une requête.

«Des six demandes traitées dans la première année de la légalisation, le personnel s’est opposé à deux requêtes, la proximité d’un parc posait problème pour une boutique et, pour une autre, c’était la proximité d’un autre point de vente déjà approuvé. […] Les soumissions ont toutes été approuvées.», écrit le directeur des services de protection et d’urgence de la municipalité, Anthony Di Monte, dans un rapport présenté jeudi au Comité des services communautaires et de protection.

Demande rejetée

En juillet, le conseil municipal a demandé au maire d’écrire au ministre des Finances et au procureur général de l’Ontario pour leur demander à la CAJO d’ajouter la surconcentration des commerces de cannabis dans ses critères d’évaluation, et de «donner plus de poids aux interventions des municipalités concernant les questions d’intérêt public dans l’étude des demandes d’ouverture de magasins».

Le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, qui a présenté cette motion à ses collègues, dit avoir obtenu une réponse du gouvernement provincial. Sans en partager le contenu, il indique qu’il ne faut pas s’attendre à des changements à la législation de sitôt. «C’est bien beau que l’on soit “consulté”, mais chaque fois qu’on a participé, on n’a vu aucune action qui répond à nos inquiétudes», affirme M. Fleury au sujet du processus de consultations de la CAJO.

Le marché By — qui fait partie du quartier représenté par Mathieu Fleury — est particulièrement prisé par les entreprises qui cherchent à obtenir une licence pour vendre du cannabis. On y trouve déjà trois boutiques et cinq demandes sont toujours en traitement pour des commerces dans le secteur.

Le conseiller de Rideau-Vanier rappelle que la Ville d’Ottawa aurait préféré un modèle similaire à la LCBO pour éviter une trop forte concentration dans un même secteur et s’assurer que les résidents de l’ensemble des secteurs de la municipalité aient accès au produit à une distance raisonnable.

Carte des boutiques et des demandes de licence :