Le chef du Service de police d'Ottawa, Charles Bordeleau

Bordeleau va marcher pour la Fierté en uniforme

Le chef de la police d'Ottawa, Charles Bordeleau, persiste et signe. Il ira à la parade de la Fierté dans la capitale en uniforme, que cela plaise ou non aux organisateurs de l'événement et à certains militants.
L'événement, autrefois connu sous le nom de parade la fierté gaie, réunit en 2017 les membres de la communauté LGBTQI (lesbienne, gaie, bisexuelle, trans, queer et intersexuée).
Depuis vendredi, les organisateurs du Festival de la Fierté dans la capitale demandent aux policiers d'Ottawa qui désirent prendre part à l'événement de ne pas revêtir leurs uniformes.
Autrement, ils seraient exclus de la marche, le chef de la police d'Ottawa, Charles Bordeleau, inclus.
«Non», a répondu M. Bordeleau.
Sur Twitter, cette semaine, il a soutenu son projet en faisant la promotion d'une lettre publique, écrite par un agent ouvertement homosexuel, qui désire marcher avec son conjoint et sa fille dans la parade, avec son uniforme.
«Alex, a gazouillé le chef Bordeleau, jeudi, mon plan est de marcher dans la parade, en uniforme, avec mes membres (du service de police d'Ottawa (SPO)). Je serais honoré que tu te joignes à nous.»
Le constable Alex Lewis a écrit une lettre ouverte, se questionnant sur le bien-fondé de la demande des organisateurs.
«Malgré que cette communauté (LGBTQI) soit préoccupée par les principes d'identité, moi, comme bien d'autres semblables se sont fait dire qu'une partie de notre identité n'était pas la bienvenue lorsque venait le temps d'afficher notre fierté.»
Le constable rajoute que les policiers font partie des «principaux alliés» de la communauté, assurant sécurité et dialogue dans la société en général.
«Cette année, rajoute le constable Lewis, je vais marcher main dans la main avec mon mari et notre fille (...) avec une épinglette POLICE aux couleurs de l'arc-en-ciel, sur ma veste.»
Le Festival de la Fierté dans la capitale se déroulera du 21 au 27 août.
La direction du Festival vise, avec cette demande controversée, à envoyer un message clair de «solidarité» avec la communauté LGBTQI.
Le Droit attendait toujours des précisions d'un porte-parole, en après-midi, jeudi. Cette demande  ne vise pas les agents qui seront en service pour assurer la sécurité sur le parcours de la parade.
«On verra, cette journée-là»
Le chef du Service de police d'Ottawa, Charles Bordeleau, ne veut pas s'avancer publiquement sur ce qu'il fera, si des participants à la parade de la Fierté lui bloquent l'accès à la marche du 27 août.
Bien qu'invité à participer à l'événement, vendredi dernier, M. Bordeleau a été surpris que les organisateurs lui demandent de ne pas revêtir l'uniforme de policier.
Les autres policiers qui veulent marcher pour montrer leur solidarité envers la communauté LGBTQI devraient aussi s'abstenir de porter leur habit de travail, selon la porte-parole de l'événement, Tammy Dobson.
«Nous n'allons pas leur bloquer l'accès, dit-elle. C'est seulement un message de certains de nos membres de couleur qui nous signifié leurs préoccupations l'an dernier, et nous les appuyons. Si les policiers veulent passer un autre message, nous les respecterons malgré leur opinion différente. C'est une façon d'être inclusif.»
«Je n'ai jamais dirigé mes policiers dans un sens ou dans l'autre, précise le chef Bordeleau en entrevue téléphonique. Nous avons des membres de la communauté au sein du corps de police et je les soutiens. Moi, mon opinion est que le Service de police d'Ottawa est solidaire de cette communauté, et c'est pourquoi j'irai en uniforme. C'est une façon pour moi d'avoir un dialogue.»
M. Bordeleau reconnaît qu'il y a 25 ans, les relations entre policiers et gais étaient épineuses. Il y a des années, les corps de polices s'en prenaient aux gais et lesbiennes, que ce soit dans les saunas ou les lieux de rencontres de la communauté. 
«Ce n'était pas joli», dit-il.