Bertin Beaulieu, président de l'Association canadienne-française de l'Ontario, section d'Ottawa.

Bilinguisme d'Ottawa: l'ACFO est étonnée de la position de certains élus

L'Association des communautés francophones d'Ottawa (ACFO d'Ottawa) s'explique mal pourquoi certains élus francophones de la Ville d'Ottawa s'opposent au projet d'accorder le statut bilingue à la capitale canadienne.
La semaine dernière, des conseillers municipaux francophones ou encore francophiles ont exprimé des réserves face à la proposition du commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, de reconnaître officiellement le bilinguisme de la capitale du Canada.
Le président de l'ACFO d'Ottawa, Bertin Beaulieu, croit que les élus devraient attendre avant de se prononcer.
«C'est toujours une surprise de voir ces gens s'opposer à ce projet, c'est quand même nos alliés. Ils s'opposent alors qu'il n'y a jamais eu d'étude en profondeur sur la question. On ne sait même pas quelles démarches nous devrions entreprendre et les coûts que ça entraînerait.»
Après les États généraux sur la francophonie d'Ottawa, un des comités créés a notamment été mandaté pour répondre à ces questions. Un an après la tenue de ce sommet, le groupe de travail sur le bilinguisme pourrait apporter des réponses. M. Beaulieu affirme qu'une rencontre aura lieu au courant de la semaine. L'ACFO pourrait ensuite déposer une proposition visant à déterminer le chemin à emprunter pour officialiser le bilinguisme à Ottawa.
Le «bilinguisme pratique» prôné par le maire, Jim Watson, est suffisant aux yeux d'une majorité des conseillers qui se sont prononcés sur la question la semaine dernière. Le président de l'ACFO d'Ottawa n'adhère pas à cette vision. «On est peut-être prêt? La majorité des services sont déjà disponibles en français, même si tout n'est pas parfait.»
Selon M. Beaulieu, l'argument économique ne devrait pas mener ce débat, au public comme au privé d'ailleurs. Il estime que les gouvernements provinciaux et fédéraux peuvent supporter la capitale dans cette quête du bilinguisme tout en soulignant les impacts potentiels au niveau du tourisme qu'un tel statut pourrait entraîner. Il cite l'exemple de l'Université d'Ottawa qui fait son pain et son beurre de la présence des deux langues officielles sur son campus.