Il est impossible de connaître les détails entourant la formation linguistique offerte par la Ville d’Ottawa à leurs employés de haute direction, par exemple, le nombre d’heures consacrées à l’apprentissage du français.

Bilinguisme confidentiel à la Ville d'Ottawa

La Ville d’Ottawa se fait avare de commentaires au sujet de la formation linguistique des employés de haute direction qui doivent être en mesure de s’exprimer dans les deux langues, selon la politique de bilinguisme.

Selon les données fournies, 13 personnes suivent présentement une formation linguistique, 16 satisfont aux exigences et 14 sont exemptés de celles-ci.

Toutefois, impossible de connaître les détails entourant la formation offerte. Bien que les hauts fonctionnaires aient des horaires chargés, la municipalité n’est pas en mesure de divulguer le nombre d’heures consacrées à l’apprentissage du français.

« On ne peut pas donner un chiffre spécifique pour le nombre d’heures. C’est personnel et confidentiel », s’est contenté de répondre Lynn Branchaud, gestionnaire de programme pour le développement des talents.

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Le calendrier de formation et la matière enseignée sont aussi de l’ordre confidentiel. La Ville répond que la formation est liée au travail et qu’elle offre des cours de groupe, individuel et privé.

« À chaque employé correspond un plan d’apprentissage personnalisé qui tient compte, entre autres, du niveau actuel de maîtrise de la langue ainsi que du style et des capacités d’apprentissage de l’employé. Ces éléments du plan, de même que les progrès réalisés, ne regardent que l’employé et son enseignant, et, en vertu de la Loi sur l’accès à l’information municipale et la protection de la vie privée, la Ville n’est pas autorisée à divulguer ces informations », affirme Elizabeth Marland, directrice des ressources humaines.

Selon la politique de la municipalité, la Ville doit mettre « tout en œuvre pour affecter des personnes bilingues à tous les postes de direction, plus particulièrement aux postes de directeurs généraux ».

Le directeur général, Steve Kanellakos, avait promis de rafraîchir ses connaissances de la langue de Molière lors de son entrée en poste en mai 2016. Rappelons qu’il a été exempté des exigences linguistiques par le conseil municipal.

La Ville confirme que le DG poursuit son apprentissage du français parallèlement à ses autres tâches, mais « comme il bénéficie d’une exemption, il n’y a pas de niveau requis », précise Mme Marland.

Pour sa part, le maire reconnaît qu’il faut mettre des efforts dans l’apprentissage du français.

« Je pense que c’est important pour notre personnel à ce niveau de continuer à améliorer leur français, a commenté le maire Jim Watson. Je pense que ça prend un peu plus de temps pour des gens un peu plus âgés pour apprendre une deuxième langue. C’est difficile. »

Le premier magistrat a tenu à souligner que des employés comme la médecin-chef de la Santé publique et le directeur général des Services de protection et d’urgence peuvent s’exprimer dans les deux langues officielles. Il a aussi souligné les progrès du directeur général d’OC Transpo.