Un des événements les plus marquants de cette année de célébrations du 150e anniversaire de la Confédération aura été La Machine.

Bilan 2017 de la Ville d'Ottawa

Le Droit dresse le bilan des évènements marquants de l'année 2017 dans la capitale nationale.

Un mot : bilingue

Après des années de débat et de pressions, le mouvement #OttawaBilingue a remporté son combat le 14 décembre dernier. Ce jour-là, un projet de loi omnibus dont l’une des dispositions permet de modifier la Loi de 1999 sur la Ville d’Ottawa afin d’enchâsser son caractère bilingue, a été adopté à Queen’s Park. 

La capitale disposera donc désormais d’un statut bilingue officiel, un projet qui était réapparu sur le radar il y a cinq ans à l’occasion des États généraux de la francophonie d’Ottawa. Le maire Jim Watson s’est toujours prononcé contre cette avenue, affirmant que les politiques de services en français de la Ville étaient suffisantes. 

En mai dernier, la députée provinciale Nathalie Des Rosiers a présenté un projet de loi privé sur la question, lequel le gouvernement Wynne a ensuite repris sous son aile. C’est à ce moment que le maire Watson a changé son fusil d’épaule, se montrant ouvert à cette possibilité. 

Malgré ce grand pas vers l’avant, plusieurs estiment toutefois que ce changement ne permettra pas d’améliorer l’offre active et d’améliorer les services aux francophones. 

Par ailleurs le projet de loi 177 a également permis d’officialiser la création, d’ici 2020, de l’Université de l’Ontario français.

Un personnage : Jim Watson

À la tête de la Ville d’Ottawa depuis 2010, le maire Jim Watson aura été sur quasi toutes les tribunes durant cette année charnière pour la capitale fédérale. 

Dès la fin de l’hiver, il a annoncé ses intentions en annonçant qu’il briguerait un troisième mandat lors des élections municipales prévues le 22 octobre 2018. 

Le maire a réussi à rallier la majorité de ses collègues à la table du conseil municipal (cinq sur 23 s’y sont opposés) en faisant adopter le budget de 3,4 milliards $ de la Ville, lequel comprend des hausses de taxes de 2 % pour les contribuables, soit le seuil qu’il s’est engagé à ne pas dépasser depuis 2014. En matière de transport en commun, il s’est aussi maintes fois prononcé en faveur, au même titre que son homologue Maxime Pedneaud-Jobin, de l’arrimage entre les systèmes d’Ottawa et de Gatineau. 

Il soutient que le prolongement à plus long terme du tracé de l’O-Train vers la station Taché-UQO du Rapibus fera partie « de l’étape 3-B ». Il affirme que si l’idée est bonne, reste qu’il n’y a pas encore d’argent sur la table pour la réaliser. 

L’année 2017 de M. Watson s’est terminée sur une note moins rose alors qu’il a dû être hospitalisé pendant quatre jours pour subir une appendicectomie. Il compte être de retour à l’hôtel de ville dès janvier. 

Un chiffre : 750 000

Si l’ensemble des activités de la programmation d’Ottawa 2017 ont connu un grand succès, reste que l’un des événements les plus marquants de cette année de célébrations du 150e anniversaire de la Confédération aura été La Machine. 

À sa première incursion en sol nord-américain, la troupe française a réussi avec ses créatures géantes d’acier à attirer des foules monstres de plus de 750 000 personnes dans les rues du centre-ville de la capitale, en juillet. La magie de l’araignée et du cheval-dragon Long Ma a charmé les 0-88 ans au point où, comme Le Droit l’annonçait en exclusivité à la fin de l’été, la compagnie de théâtre de rue pourrait bien revenir déambuler à Ottawa d’ici quelques années. 

Au grand bonheur des hôteliers et des commerçants, les touristes ont été nombreux à visiter la capitale nationale grâce à l’éventail d’activités organisées en marge d’Ottawa 2017. 

Le Red Bull Crashed Ice, Kontinuum, le Village de l’inspiration, la Tablée du Canada, Ottawa accueille le monde, le Dîner entre ciel et terre, le spectacle Mìwàte, les prix Juno, le match de la 105e Coupe Grey et la Classique LNH100 opposant les Sénateurs aux Canadiens sont au nombre des événements qui ont été des réussites. 

Un lieu : Armée du Salut

Nul doute que le dossier qui aura soulevé les passions cette année au conseil municipal d’Ottawa est celui du controversé projet de déménagement du refuge de l’Armée du Salut dans le secteur Vanier. 

L’organisme souhaite, rappelons-le, fermer son refuge de la rue George, dans le marché By, afin d’ériger au 333, chemin de Montréal un immeuble de 100 000 pieds carrés qui comprendrait un centre multifonctionnel et un refuge de 350 lits exclusivement réservé aux hommes. L’opposition au projet a mené à la création du regroupement SOS Vanier. Plusieurs élus dont le conseiller 

Mathieu Fleury et les députées Nathalie Des Rosiers et Mona Fortier ont dès le début signalé qu’ils étaient contre le concept et l’emplacement proposés, prétendant que l’Armée du Salut n’avait pas fait ses devoirs. 

À la mi-novembre, le comité de l’urbanisme a exceptionnellement siégé pendant trois jours pour entendre les 147 délégations qui se sont exprimées sur le projet. 

Le 22 novembre, la tension était palpable lorsque le conseil municipal s’est finalement prononcé à 16 contre 7 en faveur du changement de zonage qui permettra à l’organisme d’aller de l’avant. Le dossier reviendra assurément dans l’actualité en 2018 puisqu’un recours judiciaire devant la Commission des affaires municipales de l’Ontario est envisagé.

Une résolution : la Ligne de la Confédération

Plus de quatre ans après les premiers coups de pelle mécanique, les travaux de construction de la Ligne de la Confédération de l’O-Train sont sur le point de s’achever. 

La Ville d’Ottawa, qui a annoncé à la mi-décembre que l’échéancier initial en vue de la livraison de ce tronçon ferroviaire de 12,5 km pourrait bien ne pas être respecté, promet que les usagers pourront monter à bord des trains en 2018. En principe, les travaux doivent être terminés en mai. 

Même si le printemps a souvent été évoqué, il est cependant encore prématuré d’avancer une date pour la mise en service officielle, soutient la Ville. La Ligne de la Confédération comprendra 13 stations d’est en ouest ainsi qu’un tunnel au centre-ville de la capitale. Chacun des trains de deux voitures pourra accueillir 600 passagers. 

Rappelons que la phase 2 du projet de train léger, dont le financement a été scellé en juin dernier, permettra entre autres de prolonger la ligne Trillium jusqu’à la station Bowesville et d’ajouter une liaison vers l’Aéroport d’Ottawa d’ici 2021. 

Quant à la Ligne de la Confédération, elle sera prolongée vers l’est jusqu’au chemin Trim, d’ici 2022, et vers l’ouest jusqu’à la promenade Moodie, d’ici 2023.