Une fois qu’un terrain aura été choisi pour le Monument national LBGTQ2+, le ministère du Patrimoine canadien lancera un appel d’offres portant sur l’architecture du monument.

Bientôt un site pour le Monument national LGBTQ2+

La Commission de la capitale nationale (CCN) doit se pencher jeudi sur l’attribution d’un terrain pouvant accueillir le nouveau Monument national LGBTQ2+ devant être érigé à Ottawa.

Le monument soulignera la discrimination contre les citoyens LGBTQ2+, incluant la période de la purge LGBT où des employés de la fonction publique fédérale, de la GRC et des Forces armées canadiennes membres de ces communautés ont été victimes de discrimination, harcelés et souvent congédiés en raison d’une politique en vigueur qui autorisait ces pratiques, des années 1950 jusqu’au milieu des années 1990.

« L’évaluation du projet d’octroi d’un terrain par le conseil d’administration de la CCN constitue un jalon important de l’évolution de cette initiative majeure, a indiqué Michelle Douglas, directrice générale du Fonds Purge LGBT. Au-delà du symbole, la construction d’un monument permanent qui traduit la discrimination vécue par les Canadiens LGBTQ2+ permettra de jouer un rôle éducatif, en plus d’inspirer ses visiteurs. »

Après l’approbation de l’octroi du terrain, le ministère du Patrimoine canadien coordonnera un processus international d’appel d’offres portant sur l’architecture du monument, et il tiendra des consultations électroniques auprès des Canadiens sur le sujet, selon le Fonds Purge LGBT.

Les coûts liés à la construction du monument, qui sont évalués à 8 millions $, seront entièrement assumés par le Fonds Purge LGBT de 15 millions $. Ces fonds proviennent du règlement d’un recours collectif contre le fédéral et prévoient des initiatives qui rendent hommage aux victimes de la purge LGBT décédées avant le règlement de la poursuite.

La construction du monument a été mandatée par une ordonnance de la Cour fédérale. Rappelons qu’en 2017 le gouvernement du Canada avait présenté ses excuses pour la purge.

« Le Monument national LGBTQ2+ commémorera la discrimination contre les personnes LGBTQ2+, et laissera un souvenir impérissable dans la mémoire et le cœur de ceux qui le visiteront », a indiqué la présidente du Fonds Purge LGBT, Martine Roy, elle-même congédiée des Forces pour son homosexualité en 1984.

« On veut que ce soit un lieu de recueillement, un lieu d’événements, un lieu d’inclusion et de diversité », a-t-elle ajouté.

Le Fonds Purge LGBT a mené des consultations et des démarches de planification en lien avec le monument.

« On ne veut pas que le monument ne parle que de la purge LGBT. On veut qu’il traite de l’histoire LGBT au Canada depuis toujours. On veut que ça parle de toute notre histoire, a précisé Mme Roy. On fait partie de l’ADN, on fait partie de l’histoire canadienne. Je pense que c’est dépassé de dire que l’orientation sexuelle ou le genre a un rapport avec les compétences au travail. »

En plus de la construction du monument, le Fonds Purge LGBT soutient aussi le développement d’une exposition portant sur la purge LGBT au Musée canadien pour les droits de la personne de Winnipeg. L’exposition doit s’ouvrir en 2023.