La date limite pour effectuer des changements avait été fixée au 1er juillet.

Bientôt fini les rabais de taxes

Les réductions de taxes foncières octroyées aux propriétaires de bâtiments commerciaux ou industriels inoccupés à Ottawa seront bientôt chose du passé. La capitale a décidé d'emboîter le pas à d'autres villes de la province telles que Toronto et Parry Sound en abolissant cette mesure d'ici l'année d'imposition 2018.
Suivant la recommandation de l'administration municipale, le Comité des finances et du développement économique en a décidé ainsi mardi, quatre mois après que le gouvernement ontarien ait accordé aux municipalités le droit de modifier, voire éliminer le Programme d'allègement fiscal pour immeubles inoccupés. La date limite pour effectuer des changements avait été fixée au 1er juillet. 
Depuis 2009, la Ville d'Ottawa a versé des remises totalisant 76 millions $, dont 17 millions uniquement l'an dernier. Les réductions fiscales pour les bâtiments commerciaux vacants représentaient 94 % de l'ensemble de celles-ci. Depuis l'amorce du programme, près de la moitié des 820 propriétés qui ont bénéficié d'une baisse de taxes avaient une évaluation foncière variant entre 2,5 et 25 millions $. Prétextant que les remises grimpent d'année en année et le que le budget est difficile à prévoir, la Ville avait décidé d'effectuer des modifications au Programme, l'administration proposant alors trois alternatives aux propriétaires d'immeubles inoccupés, soit la suppression immédiate du programme, l'élimination graduelle ou encore la poursuite de celui-ci avec une réduction des remises accordées.
Au final, c'est le second scénario qui a été retenu, si bien que l'allègement de taxes, qui s'établissait pour l'année d'imposition 2016 à 35 % pour les propriétés industrielles et 30 % pour les propriétés commerciales, sera complètement aboli d'ici deux ans, à la proposition du conseiller Stephen Blais, au lieu des trois ans qui était proposés par le personnel. Il sera abaissé à 20 % pour 2017 avant d'être complètement aboli l'année suivante. 
Devant les élus, quelques commerçants et l'organisme Patrimoine Ottawa se sont dits favorables à cette décision, soutenant par exemple que ces « rabais » dissuadent les propriétaires d'effectuer des rénovations ou entraînent un plus grand taux d'inoccupation, de telle sorte qu'il est par la suite ardu d'attirer de la clientèle quand on se bute à des portes closes le long d'une artère commerciale. D'autres, comme le directeur général de l'Association des propriétaires et gérants d'immeubles d'Ottawa, Dean Karakasis, s'y oppose, soutenant qu'il y a de l'incompréhension au sujet du programme, qui fonctionne bien.