Le conseiller Rawlson King espère interdire la vente et la possession d’armes de poing à Ottawa. Le débat a été houleux à l’hôtel de ville, mercredi.

Bannissement des armes de poing: pas de décision à court terme à Ottawa

Le débat sur la vente et la possession d’armes de poing polarise le conseil municipal d’Ottawa.

La preuve en a été faite lorsqu’a été débattue la motion présentée par le nouveau conseiller de Rideau-Rockcliffe, Rawlson King, qui recommandait entre autres au maire Jim Watson d’écrire au gouvernement fédéral pour lui demander « d’interdire la vente et la possession d’armes de poing à Ottawa, de renforcer les règlements et les sanctions concernant le trafic et la possession illégale d’armes à feu et d’octroyer davantage de fonds pour les ressources communautaires afin d’enrayer, à la source, la violence armée à Ottawa ».

Au terme des échanges, à la suite d’une suggestion du conseiller Eli El-Chantiry, il a toutefois été décidé que la question devrait d’abord être scrutée à la loupe par la Commission des services policiers.

Mais avant qu’on en vienne à un consensus, les divergences d’opinions étaient palpables.

L’élu Allan Hubley s’est dit déçu de la façon dont a été formulée la motion, affirmant avoir l’impression « qu’on veut blâmer les 60 000 propriétaires (légaux) d’armes à feu à Ottawa, alors qu’ils n’ont rien à voir dans les crimes perpétrés ».

M. King soutient que son objectif n’est pas de cibler qui que ce soit.

« Je pense qu’il devrait y avoir un débat global et approfondi sur les problématiques sociales, les causes de cette violence armée. L’un ne va pas sans l’autre. [...] Je crois que s’il y avait moins d’armes à feu en circulation, il y aurait moins de meurtres », a-t-il lancé.

Le conseiller Mathieu Fleury a quant à lui rappelé que « pas un quartier en ville n’a pas eu une fusillade », parlant d’une initiative de bonne foi pour faire face à la hausse de la criminalité dans la capitale.

La motion suggère aussi d’étudier la possibilité de mettre en place un programme volontaire de rachat d’armes à feu, une pratique déjà courante au Service de police de Toronto.

Depuis le 1er janvier, on dénombre huit meurtres à Ottawa, dont trois par balles. Plus d’une trentaine de fusillades ont été enregistrées.