Le sergent Steve Desjourdy et son équipe ont créé un premier partenariat avec le Réseau Trillium pour le don de vie.

Avancement pour les dons d'organes à Ottawa

Ottawa devient la première ville ontarienne à accélérer l’identification d’éventuels donneurs d’organes et de tissus, et espère ainsi améliorer le sort des trop nombreux receveurs en attente.

La police et le service paramédical d’Ottawa ont établi un premier partenariat avec le Réseau Trillium pour le don de vie, l’organisme provincial responsable de la gestion du don d’organe en Ontario.

Les policiers et techniciens paramédicaux d’Ottawa peuvent désormais donner la priorité d’accès à un coroner, sur une scène de décès évident, en indiquant qu’un donneur potentiel est disponible.

Le coroner deviendra plus efficace, car il pourra appeler, à son tour et plus rapidement, le Réseau Trilium.

Ainsi, croient les responsables, le Réseau Trillium pourra être averti plus tôt de la possibilité de cueillir des organes, et élargir son offre — et son temps de réponse — aux personnes en attente d’une greffe.

L’ancien système prévoyait que l’appel pour un tel donneur potentiel devait se faire depuis l’hôpital, où le décès était constaté officiellement.

Depuis un peu plus d’un an, 500 policiers et techniciens paramédicaux d’Ottawa ont reçu une formation visant à améliorer leur évaluation du potentiel de don d’organe chez une personne décédée soudainement.

Les donneurs potentiels doivent être orientés dans les 12 heures suivant le décès, afin de s’assurer de la qualité des tissus (peau, os, valves cardiaques, ligaments, cornées).

La coroner régionale principale, Dre Louise McNaughton-Filion, estime que ce nouveau procédé réduira la quantité de cas qui, autrement dit, « passent dans les craques du système » en n’étant pas répertoriés à temps.

« Je me rappelle d’un cas, dans lequel j’avais contacté Trillium, alors que je me trouvais sur une scène de décès soudain. J’étais en mesure de confirmer que la victime pouvait donner des organes. J’ai dit, au téléphone, que j’avais un donneur potentiel, et on m’a demandé : ‘de quel hôpital appelez-vous ?’. Dans ces circonstances, nous n’étions pas capables de traiter ce dossier autrement que depuis un hôpital. Alors, nous avons perdu une belle opportunité de don de tissus. »

Selon le Réseau Trillium, 1500 personnes sont sur la liste d’attente de don de tissus ou d’organes, en Ontario. De ce nombre, une personne décède tous les trois jours.

« L’apport d’un seul donateur peut toucher plus de 75 vies, dit le chef de projet pour la police d’Ottawa, le sergent Steven Desjourdy.

Selon la Dre McNaughton-Filion, trop d’Ontariens croient avoir inscrit leur nom au registre des donneurs d’organes, sans toutefois l’avoir fait et vérifié.

Environ 40 % des résidents d’Ottawa sont inscrits au registre du Réseau Trillium.

Selon les intervenants, il s’agit d’un taux relativement élevé par rapport aux autres villes de la province.

Mais ce taux de 40 % demeure insuffisant, répètent les représentants du système de la santé.