Autre déversement d'eau non traitée dans la rivière

Dominique La Haye
Dominique La Haye
Le Droit
Un nouveau déversement d'eau non traitée provenant des installations de la Ville d'Ottawa dans la rivière des Outaouais s'est produit mercredi après-midi.
Pendant près de quatre heures, quelque 310 mètres cubes provenant d'un réservoir d'eau filtrée de l'usine d'épuration et contenant un taux de matières solides trois fois plus élevé que la limite permise se sont retrouvés à la rivière. Les quelque 72 mg/litre de ces composantes présentes dans les eaux d'égout provenaient de l'usine d'épuration de l'eau de l'île Lemieux.
Ce déversement s'est produit lors de travaux visant à remettre l'usine en service, alors que l'employé à contrat avec la Ville évacuait les sédiments de l'usine d'épuration. La pompe de vidange était orientée sur l'équipement de drain principal allant dans la rivière et qui contourne les installations de gestion de déchets.
« D'un point de vue environnemental, la qualité de l'eau déversée dans la rivière était au-delà de la limite de matières solides pour les installations de gestion des déchets, soit de 25 mg/litre », indique le directeur municipal des services d'eau et d'eau usée, Dixon Weir, précisant que les matières solides ne contenaient pas de chlore.
« Cet incident n'a eu aucun impact sur la qualité de l'eau potable », ajoute-t-il.
La Ville indique que la situation a été corrigée et que le déversement a été redirigé comme il se doit au dépotoir, afin d'y être traité.
Biosolides radioactifs
Par ailleurs, la Ville a dévoilé, hier, les résultats de l'analyse détaillée des échantillons de biosolides radioactifs provenant de ses installations et refusés au début du mois à la frontière américaine.
L'expert-conseil SENS — spécialisé dans le domaine de la radioactivité — embauché par la Ville et chargé d'effectuer une analyse a confirmé que les niveaux de radioactivité se situaient en deçà de la normale, et que l'iode 131 est le principal radionucléide.
Ces résultats sont conformes à ceux qu'avait dévoilés la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).
La SENES a recueilli des échantillons de biosolides, notamment ceux rejetés à la frontière. Le rapport révèle que les niveaux de radioactivité ne dépassent pas les niveaux normaux et attendus. Lorsque la Ville a été mise au courant de la situation, l'ensemble des biosolides produits a fait l'objet d'une analyse visant à déceler la présence de substances radioactives. Jusqu'à maintenant, les résultats indiquent que tous les niveaux de radioactivité des biosolides analysés sur place ne dépassent pas les niveaux normaux ou attendus.
Le rapport révèle également que le niveau de radioactivité des biosolides, combiné à d'autres substances radioactives naturellement présentes, est suffisant pour déclencher un moniteur-portique de détection de rayonnement, comme ceux utilisés à la frontière, s'il est réglé très près du niveau naturel.
Le rapport indique que les boues ne représentaient aucun risque pour la santé et la sécurité des travailleurs et de la population ni pour l'environnement.