La mise en fonction du train léger est encore retardée.

Autre délai pour la mise en service du train léger

Les élus auront eu raison d’être sceptiques concernant la date de mise en service du train léger sur rail.

La phase 1 est reportée pour une troisième fois depuis le début des travaux. Le consortium Groupe de transport Rideau (RTG) n’est pas en mesure de remettre les clés de la Ligne de la Confédération le 31 mars, comme il l’avait laissé entendre le mois dernier.

Sans surprise, le directeur général d’OC Transpo, John Manconi, a informé les conseillers du troisième retard lors de sa mise à jour mensuelle devant le Comité des finances et du développement économique mardi matin. Les trains devraient accueillir leurs premiers passagers entre le 1er avril et le 30 juin.

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« La semaine dernière, RTG nous a dit qu’ils n’étaient pas en mesure de respecter la date du 31 mars. Ils nous ont avisés qu’ils remettraient le système dans le deuxième trimestre de 2019. Ils nous donneront une nouvelle date », a déclaré M. Manconi. Cette annonce survient un jour avant que le conseil vote sur le contrat de la phase 2, évalué à près de 4,7 milliards de dollars.

Les 20 élus, qui étaient réunis dans la salle du conseil, n’ont pas caché leur déception.

« Comme usager du transport en commun, je suis très déçue. Mais je comprends qu’on ne puisse pas accepter un système qui ne répond pas aux attentes de la Ville », souligne la conseillère Laura Dudas.

M. Manconi a rappelé aux conseillers que la sécurité et la fiabilité du système sont cruciales à sa mise en service.

« Il y a quelques mois, on a eu des discussions avec RTG et ils nous demandaient si on accepterait une mise en circulation graduelle. Ce à quoi on a dit non. On veut que le service soit parfait. On veut s’assurer d’obtenir un système qui vaut 2,1 milliards de dollars. Je comprends que les usagers peuvent être mécontents », rappelle le DG d’OC Transpo.

Ce dernier s’est fait rassurant. Selon lui, rien n’indique que le consortium dépassera la date du 30 juin, soit la fin du deuxième trimestre.

Selon le contrat, RTG a 60 jours afin de fournir une nouvelle date à la municipalité pour le projet de 2,1 milliards $. « Nous voulons attendre d’avoir entre 10 et 14 jours de fonctionnement consécutif et fiable avant de donner une nouvelle date », a déclaré Peter Lauch, président-directeur général de RTG.

Ce nouveau délai entraînera une autre pénalité financière pour RTG. Selon les termes du contrat, la Ville imposera une deuxième pénalité de 1 million de dollars au constructeur.

La municipalité estime que les retards ont entraîné une perte d’au moins 25 millions $ aux contribuables. Ce montant sera mis à jour après le 31 mars.

Le maire Jim Watson n’ose pas s’avancer sur un nouvel échéancier vu les retards connus depuis le lancement des travaux.

« Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les passagers, mais c’est un projet vraiment compliqué, a rappelé le maire. C’est nécessaire pour nous autres de travailler avec RTG pour que le projet débute. »

Conscient que les Ottaviens conjuguent avec plusieurs délais, retards et problèmes d’efficacité du système de transport en commun depuis plusieurs mois, M. Watson n’écarte pas l’idée de prolonger le gel des tarifs pour les usages au-delà du 1er juillet.

Avancement des travaux

Dans sa mise à jour mardi, John Manconi a révélé que 24 des 34 trains ont reçu leur certification, soit dix de plus que lors de sa dernière présentation. 

Les essais le long du tracé de 12,5 km se poursuivent. La semaine dernière, 12 trains ont circulé pendant quatre jours consécutifs sans erreurs, ce qui représente près de 700 heures de fonctionnement et 17 500 km parcourus.

« Je suis heureux de vous dire que RTG a fait du travail superbe dans les dernières semaines et dans l’ensemble, il y a eu de gros progrès », a déclaré M. Manconi.

À ce jour, les travaux sont parachevés dans neuf des treize stations. Les stations Saint-Laurent, Rideau, Pré Tunney et Parlement requiers des « travaux mineurs » au niveau de l’aménagement paysager.

Une liste de neuf éléments est à surveiller par la municipalité jusqu’au moment où RTG lui remet les clés. Cette liste comprend entre autres la mise à l’essai du système de contrôle des trains, l’entretien hivernal et la mise en œuvre du plan d’entraînement à l’opération de 12 jours d’un bout à l’autre du parcours afin de démontrer la capacité des systèmes.

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UN VOTE SUR LA PHASE 2 MERCREDI

L’annonce d’un troisième délai dans la mise en service de la phase 1 du train léger à Ottawa survient 24 heures avant que les élus votent sur le contrat de près de 4,7 milliards de dollars qui doit être accordé pour la phase 2. 

Le conseil municipal doit voter mercredi sur le prolongement des lignes de la Confédération et Trillium. 

Deux soumissionnaires sont privilégiés par la municipalité. Les fonctionnaires recommandent d’octroyer le contrat pour la Ligne Trilium à la firme TransitNext, une filiale de SNC-Lavalin. La firme Connecteurs Est-Ouest est recommandée par la municipalité pour le prolongement de la Ligne de la Confédération.

Le maire Jim Watson a rappelé que plusieurs leçons ont été apprises lors de la construction de la phase 1. Il estime que la majorité des Ottaviens veulent que la Ville ait de l’avant avec la phase 2.

«Je pense que la phase 1 nous a permis de voir ce qui s’est moins bien passé et de prendre en considération ces leçons pour la phase 2. La majorité des conseillers à qui j’ai parlé veulent aller de l’avant. Ils reconnaissent qu’on ne peut pas avoir la phase 1 sans la phase 2. Nous devons aller plus loin à l’est, à l’ouest et au sud si on veut se connecter jusqu’à  Kanata, Barrhaven et Stittsville. Je suis confiant que la majorité des citoyens veulent qu’on aille de l’avant», affirme le premier magistrat.