Le maire Jim Watson assure qu’il choisit les candidats les plus qualifiés pour les présidences de comités.

Allégations de favoritisme: autres défaites pour les élus du centre-ville

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, se défend d’allégations de favoritisme à l’endroit des conseillers des quartiers ruraux après une autre série des nominations aux différents comités de la Ville.

La participation du conseiller de Cumberland, Stephen Blais, à l’élection partielle provinciale dans Orléans continuait d’entraîner un jeu de chaise musicale aux différents comités et commissions d’Ottawa vendredi.

M. Blais a abandonné la présidence du Comité des transports. Le conseiller de Beacon Hill-Cyrville, Tim Tierney, le remplace et, du même coup, délaisse plusieurs de ses autres fonctions : présidence du conseil d’administration de la Bibliothèque publique d’Ottawa, ainsi que la vice-présidence du Comité des finances et du développement économique et du Comité de l’urbanisme.

Le Comité des nominations se réunissait vendredi pour recommander des élus pour combler les différents sièges vacants. À l’exception de la nomination du conseiller de Rideau-Rockcliffe, Rawlson King — seul candidat en lice pour devenir président du Sous-comité du patrimoine bâti —, toutes les candidatures retenues ont été celles d’élus qui représentent des quartiers à l’extérieur du cœur urbain de la ville.

Le conseiller de Kitchissippi, Jeff Leiper, s’explique notamment difficilement pourquoi il n’a pas été choisi comme nouveau vice-président du Comité de l’urbanisme alors qu’il y siège « depuis environ cinq ans maintenant ».

« Considérant mon expérience au comité, je ne peux expliquer pourquoi cette nomination n’a pas été une simple formalité autrement qu’avoir une voix du centre-ville qui gagne en influence, ç’a fait peur au maire », lance M. Leiper.

Vote final au conseil

Au cours des dernières semaines, le choix de M. Tierney à la présidence du Comité des transports — au profit de Jeff Leiper — avait soulevé un débat sur la représentation des résidents du centre-ville au sein des comités.

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, estime qu’il s’agit d’un débat qui ne préoccupe que la « bulle de l’hôtel de ville ». Il rejette les accusations qu’il tente de diminuer l’influence des conseillers du centre-ville, généralement ceux qui s’opposent le plus à ses politiques. Il assure choisir les candidats qu’il considère les plus qualifiés et pas nécessairement celui qui votera comme il le souhaite.

« Toutes les décisions prises en comité, sans exception, doivent automatiquement être approuvées par l’ensemble du conseil municipal où tous les quartiers de la Ville sont représentés », insiste M. Watson.

« C’est vrai qu’on essaie d’encourager la tenue de ces débats en profondeur aux réunions des comités, mais tous les membres du conseil sont invités à ces réunions, ajoute le maire. Ils ont l’accès complet pour poser des questions et donner leurs commentaires. »

Le conseiller de Kitchissippi précise toutefois que cet enjeu est bien plus qu’un débat de la « bulle de l’hôtel de ville ». Il souligne que d’importantes décisions sont prises au Comité des finances et du développement économique — sur les prochaines phases du train léger, par exemple — et qu’aucun conseiller du cœur urbain de la ville n’y siège.

« Les membres des comités ont la chance de s’asseoir, d’étudier l’enjeu en profondeur et de poser des questions aux membres du public qui se sont prononcés. [Avoir un siège], c’est la différence entre avoir un vote qui a une valeur significative ou non, lance Jeff Leiper. Les gens qui vivent au centre-ville s’intéressent sérieusement au type de ville que l’on construit. Quand ils voient que les conseillers qui partagent leurs valeurs ne siègent pas au comité le plus important et qu’on les empêche d’obtenir des rôles d’influence, ça les inquiète. »