Kathleen Wynne a annoncé un investissement provincial de 105 millions pour la construction d’un nouveau pavillon de soins intégrés au CHEO.

105 M$ pour un nouveau pavillon au CHEO

Le Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario (CHEO) sera agrandi grâce à un investissement de 105 millions $ annoncé jeudi par la première ministre Kathleen Wynne, de passage à Ottawa.

Le centre de soins intégrés, un projet pour lequel militait le CHEO et le Centre de traitement pour enfants d’Ottawa (CTEO) depuis près d’une décennie, pourra ainsi devenir réalité dans un horizon de quelques années. Le tout consiste à réunir sous un seul et même toit toute la gamme de soins de santé mentale et les services aux enfants et adolescents ayant des besoins particuliers. Des services qui sont en ce moment répartis à travers huit emplacements dans la capitale.

Pas plus tard qu’à la fin février, dans les pages du Droit, l’établissement de santé avait haussé d’un cran la pression sur le gouvernement provincial dans l’espoir d’obtenir du financement pour ce projet dont le coût total est chiffré à 140 millions $. Le reste de la facture sera assumé, entre autres, par la Fondation du CHEO, qui mènera une campagne de financement. L’établissement du chemin Smyth prévoit aussi cogner à la porte du ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse pour compléter le financement.

« Pour avoir la bonne combinaison de soins pour leur enfant, les parents doivent naviguer à travers différents endroits. Parce que quand ton enfant est malade, tu irais au bout de la Terre pour trouver le type de soin dont il a besoin. Mais ça peut s’avérer difficile, avec tous les déplacements, car ça créé du stress autant pour les enfants que les parents. [...] Dorénavant, tous les services seront offerts derrière une seule porte, c’est ce que vous réclamiez », a lancé Mme Wynne sous une longue salve d’applaudissements de plus de 30 secondes.

L’édifice de six étages, qui sera érigé sur le terrain adjacent à l’entrée principale de l’hôpital, où l’on retrouve à l’heure actuelle des espaces de stationnement, abritera un éventail de services. Du lot, il y aura par exemple les consultations externes en santé mentale, l’orthophonie, la physiothérapie, le centre de diagnostic de l’autisme, l’ergothérapie, les troubles de la vue et le programme de la petite enfance. À cette liste s’ajoute entre autres la technologie adaptée, les services scolaires offerts aux enfants ayant des besoins multiples aux plans physiques et du développement ainsi que le programme de soins complexes du Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) de Champlain.

Le président-directeur général du CHEO, Alex Munter, n’a pas hésité à qualifier cette journée de « merveilleuse » pour l’institution.

« Ça veut dire de meilleurs services et des délais d’attente plus courts. Un enfant, une porte, une histoire, une seule équipe, ça résume bien notre projet. [...] Le problème que l’on tente de résoudre, c’est la complexité des services qui sont livrés dans plusieurs endroits qui sont à la fois coûteux et qui rendent la tâche difficile pour les familles. Ça va nous donner l’occasion de manière plus efficace de consolider nos services, et ce faisant, en améliorer la qualité et avoir des gains d’efficacité », a-t-il affirmé.

Le CHEO-CTEO débourse bon an mal an environ deux millions $ en frais de location de bureaux un peu partout sur le territoire, chose qui ne sera plus le cas une fois le projet complété. Du personnel additionnel sera embauché.

À terme, plus de 40 000 familles de l’Est ontarien bénéficieront de ces nouvelles installations.

Si tout va bien, la construction du nouveau bâtiment d’une superficie de 22 000 mètres carrés s’amorcera en 2019.

Le bâtiment sera relié au reste de l’hôpital par une passerelle. L’ouverture n’aurait pas lieu avant 2021.

De tels centres de soins intégrés existent déjà dans quelques régions à travers la province, dont Hamilton et Peel.

Des familles soulagées

Le soulagement et la joie se lisaient sur le visage des parents présents à l’annonce de la construction d’un centre de soins intégrés à Ottawa, jeudi. 

Nicole Stringer, dont la fillette de cinq ans, Leah, est atteinte d’une délétion partielle du chromosome 18, était du nombre. 

« C’est une fantastique nouvelle, on ne pourrait pas être plus heureux. Nous sommes très excités à la fois pour nous-mêmes mais aussi toute la communauté qui pourra maintenant profiter de ces services sous un seul toit. Personne n’aura plus à subir le stress et avoir à gérer toute une logistique pour aller à tous les rendez-vous. Tout se retrouvera au même endroit », a-t-elle confié.

La mère de famille affirme qu’elle a de son côté « la chance » de ne plus avoir à fréquenter divers points de service pour sa fille, puisque cette dernière bénéficie au quotidien des services scolaires offerts entre les murs du CTEO.

Malgré tout, Leah est étroitement suivie par une quinzaine de spécialistes depuis sa naissance. 

Pas de crainte en vue des élections

À moins de trois mois des élections provinciales, le président-directeur général du CHEO, Alex Munter, ne craint pas qu’un possible changement de gouvernement puisse mettre en danger le projet. 

« On a mobilisé toute la communauté et ça fait dix ans qu’on travaille là-dessus. Le financement est approuvé en vue du prochain budget [déposé le 28 mars]. Le support pour le CHEO est là, nous sommes confiants », a-t-il dit. 

À l’heure actuelle, on comptabilise plus de 21 900 consultations en santé mentale et près de 97 000 heures cliniques par an au CTEO.

Lyft s’allie avec la Fondation du CHEO

L’entreprise de transport sur demande Lyft a officiellement lancé ses opérations jeudi à Ottawa, s’associant du même coup avec la Fondation du Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario (CHEO).

Pour marquer le coup, la compagnie au logo rose a annoncé que ses clients transportés au fil des prochains mois pourront arrondir le montant de leur transaction au dollar le plus près et verser la différence à l’organisme qui supporte l’établissement hospitalier grâce à la fonction « Round up and Donate » de son application mobile.

« Le soutien de la communauté des passagers de Lyft sera directement versé à la Fondation du CHEO, ce qui aidera à financer l’achat d’équipement médical spécialisé, la recherche qui permet de sauver des vies, la formation du personnel infirmier et l’aide financière pour les familles en difficulté », de dire le président-directeur général de la Fondation, Kevin Keohane.

Plusieurs chauffeurs ont été recrutés, le directeur général de Lyft Canada, Aaron Zifkin, précisant qu’un « incroyable réseau d’Ottaviens sont ravis de commencer à conduire dans cette grande ville. »

Dès aujourd’hui, les utilisateurs qui feront appel à Lyft pour la première fois recevront un rabais de 5 $ et un cadeau de bienvenue, précise la compagnie rivale d’Uber.

Lyft, basée à San Francisco, est présente dans 300 villes des États-Unis. Ottawa est la seconde ville canadienne où l’entreprise s’implante après Toronto l’automne dernier.