Ottawa veut engager de nouveaux paramédics

Dominique La Haye
Dominique La Haye
Le Droit
La Ville d'Ottawa veut embaucher 65 paramédics en 2009, mais il lui en faudrait en réalité 192 additionnels pour répondre aux appels dans le temps prescrit.
À l'approche des consultations budgétaires municipales de décembre, le chef du service paramédic d'Ottawa, Anthony DiMonte, suggère au conseil d'adopter un plan de rattrapage sur trois ans.
L'embauche dès l'an prochain de 65 paramédics créerait des tensions de 2,5 millions $ dans le budget de fonctionnement de 2009 de la Ville et de 5 millions $ en 2010. Le plan prévoit aussi le recrutement de 40 paramédics à chacune des deux années suivantes.
Selon le chef DiMonte, cet ajout de paramédics est essentiel, puisque la Ville ne respecte pas ses propres délais d'intervention de 8 minutes et 59 secondes, 90 % du temps en milieu urbain et risque de ne pas pouvoir respecter la norme minimale moins rigoureuse prescrite par la province de 12 minutes 41 secondes pour Ottawa.
En 2007, le temps de réponse des paramédics pour les secteurs urbains a été de 12 minutes et 49 secondes et a grimpé à 13 minutes et 48 secondes de janvier à juin 2008.
Dans les secteurs à moins forte densité, le temps de réponse a été de 21 minutes et 15 secondes en 2007 et de 21 minutes et 31 secondes en 2008. Il devrait plutôt se situer à 15 minutes et 59 secondes.
M. DiMonte ajoute aussi que les paramédics sont si occupés à répondre aux appels prioritaires, où la vie d'un patient est en danger, qu'ils n'ont plus le temps de répondre aux appels moins urgents.
«Puisqu'on n'a pas les ressources, ce sont des compagnies privées qui (répondent aux appels non prioritaires)», dit-il.
M. DiMonte espère que la Ville se dotera d'un nouveau système de répartition des appels plus avancé permettant de mieux détecter les appels urgents. Plusieurs villes canadiennes en sont équipées, dont Toronto, Montréal, Calgary et Vancouver.
«À Toronto, avec ce système, les appels urgents constituent 50 % des interventions. À Ottawa, ce sont 75 % de nos appels.»
M. DiMonte juge encourageants les résultats de l'ajout à la fin septembre d'une infirmière en poste sept jours sur sept à raison de 12 h par jour, aux deux urgences de l'Hôpital d'Ottawa, pour libérer plus rapidement les paramédics des patients.
«En deux semaines, ce projet-pilote a permis aux paramédics de récupérer 300 heures, leur permettant de prendre d'autres appels.»