Le ministère de l’Emploi et du Développement des compétences n’aurait pas rempli ses obligations à l’égard de la partie VII de la Loi sur les langues officielles dans sa gestion du dossier de l’alphabétisation en français, selon un rapport d'enquête du Commissariat aux langues officielles.

Ottawa n’offre pas d’aide d’urgence pour sauver le RESDAC

Malgré l’appel de détresse lancé cette semaine par ses dirigeants, le gouvernement fédéral n’a pas l’intention de verser une aide d’urgence pour sauver le seul organisme national d’alphabétisation en français qui se retrouve dans un état très critique.

Mardi, les responsables du Réseau pour l’alphabétisme et le développement des compétences (RESDAC) ont sonné l’alarme en annonçant que l’organisme n’avait plus d’argent dans ses coffres et plus aucun employé depuis le 31 octobre dernier pour offrir les services aux francophones vivant hors Québec. 

En même temps, les résultats d’un rapport d’enquête du Commissariat aux langues officielles daté du 12 octobre ont été dévoilés. Ce rapport conclut que le ministère de l’Emploi et du Développement des compétences n’avait pas rempli ses obligations à l’égard de la partie VII de la Loi sur les langues officielles dans sa gestion du dossier de l’alphabétisation en français. Ce programme est important pour tous les francophones vivant en situation minoritaire, particulièrement pour les nouveaux arrivants qui désirent apprendre et s’intégrer aux communautés francophones. L’enquête avait été menée à la suite d’une plainte déposée par le RESDAC il y a deux ans, après la décision du ministère de couper son financement de base. La commissaire Ghislaine Saikeley donnait trois mois au ministère pour se conformer à ses obligations linguistiques.

Dans une réponse transmise par courriel, le ministère indique sans plus de précision qu’il a entamé des discussions concernant les suites à donner à ce rapport d’enquête. Mais qu’il faudra attendre la mi-janvier pour en savoir plus. 

« Le CLO demande au ministère de se conformer aux recommandations du rapport final d’ici janvier 2018. À la suite du dépôt du rapport final du CLO, le ministère a entamé des discussions concernant les actions à prendre pour répondre à ces recommandations dans les délais prescrits », a indiqué Christopher Simard, porte-parole du ministère EDSC.

Au sujet d’un financement d’urgence pour permettre au RESDAC de poursuivre ses activités, le ministère a refusé de s’engager, disant qu’il cherchait des « solutions viables » pour répondre aux besoins des communautés francophones.

« Le ministère s’engage à consulter les communautés de langue officielle en situation minoritaire afin d’évaluer des solutions viables afin de mieux répondre à leurs besoins en ce qui a trait aux défis liés à l’alphabétisation et aux compétences essentielles », nous a-t-on indiqué.