Des policiers postés à la sortie du pont Champlain, qui relie Ottawa et Gatineau, dans le secteur Aylmer.
Des policiers postés à la sortie du pont Champlain, qui relie Ottawa et Gatineau, dans le secteur Aylmer.

Ottawa-Gatineau: le magasinage n'est pas une bonne raison pour traverser les ponts

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
«Non, le magasinage, ce n'est pas une bonne raison.» Voilà un exemple de réponse servie à un automobiliste québécois qui souhaitait traverser la rivière des Outaouais pour aller faire des emplettes dans le quartier chinois d'Ottawa. Il a dû rebrousser chemin.

«Non, le magasinage, ce n’est pas une bonne raison.» Voilà un exemple de réponse servie à un automobiliste québécois qui souhaitait traverser la rivière des Outaouais pour aller faire des emplettes dans le quartier chinois d’Ottawa. Il a dû rebrousser chemin.

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La circulation demeurait fluide sur les cinq ponts interprovinciaux reliant Ottawa et Gatineau, jeudi avant-midi, malgré la présence de points de contrôle sur la rive québécoise.

Des contrôleurs routiers et des agents de la Sûreté du Québec (SQ) et du Service police de la Ville de Gatineau (SPVG) étaient présents jeudi du côté québécois de chacun des ponts interprovinciaux de la région, afin de vérifier pour quelles raisons les gens souhaitent traverser la rivière des l’Outaouais. Les vérifications sont effectuées tant auprès des conducteurs qui souhaitent se diriger vers Ottawa qu’auprès de ceux qui arrivent de la rive ontarienne.


« On n’a donné aucune contravention sur tout le territoire du Québec. »
Marc Tessier, porte-parole régional de la SQ

Le tout s’effectue dans le calme. Les automobilistes qui ont été invités à rebrousser chemin lors du passage du Droit l’ont fait sans argumenter avec les autorités.

Les camions de livraison sont autorisés sans problème. Les automobilistes doivent de leur côté répondre aux diverses questions des policiers, entre autres sur leur lieu de résidence ou d’emploi. Les gens qui affirment vouloir traverser pour aller porter des provisions à un proche peuvent aussi continuer leur chemin. «C’est du cas par cas», ont affirmé des policiers à plusieurs reprises.

Le sergent Marc Tessier, porte-parole régional de la SQ, n’avait pas encore de statistiques, jeudi, sur les résultats des points de contrôle ayant été mis en place la veille à partir de midi.

«Les annonces ont été rapides, a-t-il rappelé. Nous n’avons pas questionné chaque automobiliste [mercredi].»

Il n’y a pas de demi-tour possible sur l’autoroute 5, à la sortie du pont Macdonald-Cartier. «Il n’est pas impossible que les personnes très récalcitrantes soient escortées», indique le sergent Tessier. Dans ce cas, précise le policier, la SQ pourrait emprunter la sortie du boulevard Fournier, jusqu’à l’entrée de l’autoroute 5 située près du boulevard Sacré-Coeur, en direction d’Ottawa.

«Le système n’est pas parfait, dit-il. La très grande majorité des automobilistes a collaboré. On n’a donné aucune contravention sur tout le territoire du Québec.»

Au SPVG, on indique aussi que «les contrôles se sont bien déroulés». «Certains automobilistes se sont vu refuser l’accès au territoire gatinois puisque la raison de leur déplacement a été jugée non essentielle, a fait savoir l’agente Andrée East, porte-parole du SPVG. Ceux-ci ont dû faire demi-tour.»

La présence des autorités est sporadique aux différents points de contrôle. En plus des ponts interprovinciaux, les policiers effectuent aussi des vérifications à d’autres endroits dans la région, notamment près du traversier reliant Masson-Angers et Cumberland et sur la route 148, à l’intersection du chemin Terry-Fox, dans le secteur Aylmer.

La présence des autorités est sporadique aux différents points de contrôle.

Des usagers de la route estiment toutefois qu’une certaine confusion existe pour des situations particulières. C’est notamment le cas de  Vincent Laprade Séguin, qui aimerait pouvoir continuer d’aller mener et chercher sa conjointe à son lieu de travail – un service essentiel – au centre-ville d’Ottawa. 

Un policier lui a «gentiment» indiqué qu’il s’agit d’un déplacement non essentiel, en suggérant l’autobus comme alternative, a indiqué au Droit M. Laprade Séguin. Comme sa conjointe finit son quart de travail en fin de soirée dans un secteur «à risque», il estime qu’il est mieux pour sa sécurité qu’il puisse aller la chercher. 

Pour ce qui est de l’autobus, le résident de la rive québécoise soutient qu’une telle option est moins sécuritaire en raison du risque accru dans un véhicule avec plusieurs passagers.

Au SPVG, on rappelle que les situations sont évaluées en fonction des informations recueillies par les policiers présents aux points de contrôle, et que chaque déplacement non essentiel devrait être évité.

Collines-de-l’Outaouais

Dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais, des points de contrôle pour limiter l’accès au territoire et les déplacements non essentiels sont effectués de manière aléatoire par les policiers sur la route 148 à Pontiac, sur la route 105 à La Pêche, sur la route 309 à Notre-Dame-de-la-Salette, sur la route 315 à L’Ange-Gardien et sur la route 307 à Val-des-Monts.

«Il s’agit d’une situation exceptionnelle nécessitant des mesures exceptionnelles dans le but de minimiser les risques de propagation (de la COVID-19)», a précisé la police de la MRC des Collines-de-l’Outaouais, tout en reconnaissant que cette situation exceptionnelle occasionne de multiples inconvénients et des changements dans les habitudes des gens.

Avec Charles-Antoine Gagnon, Le Droit