Lawrence Cannon, député́ conservateur de Pontiac, et Sté́phanie Vallée, députée libérale provinciale de Gatineau
Lawrence Cannon, député́ conservateur de Pontiac, et Sté́phanie Vallée, députée libérale provinciale de Gatineau

Ottawa et Québec s'engagent à investir pour sauver le «p'tit train»

Patrick Duquette
Patrick Duquette
Le Droit
Le train à vapeur devrait rouler à nouveau l'été prochain entre Gatineau, Chelsea et Wakefield.
Les gouvernements du Québec et du Canada sont parvenus à s'entendre sur un plan de sauvetage du train touristique, après des mois de tractations.
En conférence de presse à Wakefield lundi, les autorités ont promis d'allouer les sommes nécessaires pour remettre en état la voie de chemin de fer entre Gatineau et Wakefield.
Les travaux de plusieurs millions de dollars permettront de solidifier la voie d'une longueur de 33 kilomètres. Elle a été fermée en mai dernier, car des glissements de terrains menaçaient de se produire en plusieurs endroits.
À la veille du déclenchement probable d'élections au Québec, ministres, députés et maires de la région ont voulu lancer un signal clair, afin d'éviter la vente précipitée du train touristique à des intérêts étrangers.
Incapable de rouler depuis la fermeture de la voie, l'exploitant du train touristique menaçait de vendre son matériel ferroviaire. Lundi, l'homme d'affaires André Groulx se disait satisfait de l'engagement des gouvernements.
«Nous l'avons dit dès le début: notre intention de vendre le train était basé sur le fait qu'il n'y aurait plus de voie ferrée, ce qui ne nous donnait guère d'autres choix que de le déménager ailleurs. Mais toute la région a travaillé fort pour faire en sorte qu'il y ait une voie ferrée et maintenir nos équipements dans la région. À la lumière des annonces faites ici ce matin, c'est clair que nous aurons un train l'été prochain.»
Les gouvernements du Canada et du Québec ont promis de payer chacun un tiers du coûts des travaux pour remettre en état la voie ferrée. La région  paiera le reste de la facture. L'opération devrait coûter entre 6 et 9 millions $. Deux nouvelles études seront nécessaires pour préciser le coût exact des travaux.
«Même si nous ne mettons pas de chiffres au bout de la ligne, il y a en un engagement ferme de notre gouvernement et de celui du Canada que ce train fonctionne», a dit le ministre québécois responsable de la région de l'Outaouais, Benoît Pelletier.
«C'est une annonce qui arrive à point», a dit Jean Perras, maire de Chelsea et président de la Compagnie de chemin de fer de l'Outaouais (CCFO).
Jusqu'ici, la CCFO, qui exploite la voie ferrée, a réussi à amasser 3 millions $ pour relancer le train touristique. Pour le maire de Gatineau, Marc Bureau, c'est la preuve que la volonté politique est là. «À toutes fins pratiques, le train est sauvé. À moins qu'on rencontre quelque chose qu'on n'a pas prévu», a dit le maire Bureau qui siège aussi à la CCFO.
En service depuis 1992, le train touristique génère des retombées de près de 10 millions par année. Il fait rouler l'économie du village de Wakefield et figure dans le quart des forfaits vendus chaque année chez Tourisme Outaouais.
«Le secteur touristique de l'Outaouais a été ébranlé quand le train à vapeur a cessé ses opérations le printemps dernier (...) Nous ne pouvions pas rester insensibles à la situation, il nous fallait agir», a dit Lawrence Cannon, député fédéral du Pontiac et nouveau ministre des Affaires étrangères.