Le maire de Gatineau et président du Caucus des grandes villes de l’Union des municipalités du Québec, Maxime Pedneaud-Jobin
Le maire de Gatineau et président du Caucus des grandes villes de l’Union des municipalités du Québec, Maxime Pedneaud-Jobin

Ottawa doit aider les villes, plaide l’UMQ

Alors que le gouvernement Trudeau distribue depuis des semaines de l’aide financière à coups de millions et de milliards de dollars aux personnes, organismes et entreprises affectées par la crise de la COVID-19, les grandes municipalités québécoises cognent à la porte d’Ottawa pour le soutien au transport collectif, elles qui évaluent les pertes financières à 670 millions $ dans ce secteur cette année.

La Société de transport de l’Outaouais chiffre à 3,6 millions $ ses pertes mensuelles dues à la baisse marquée de l’achalandage depuis le début du confinement, le 13 mars.

Le maire de Gatineau et président du Caucus des grandes villes de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Maxime Pedneaud-Jobin, a indiqué que les villes ont peu de marge de manoeuvre, et qu’elles se joignent à Québec pour solliciter la participation du fédéral. Il dit souhaiter que le gouvernement Trudeau apporte sa contribution.

«Les villes ont un rôle à jouer dans la relance économique, elles ont un rôle à jouer dans la crise économique. On pense nous aussi qu’on devrait être aidés. On fait de l’accompagnement d’entreprises et, souvent, quand les gens n’ont pas d’argent, ce sont les services municipaux auxquels ils ont accès qui sont les moins chers sinon carrément gratuits. Quand ça va mal dans l’économie, c’est important que les villes soient solides. Et, nous sommes ébranlés par ce qu’on vit présentement. Alors on a besoin d’aide nous aussi», a partagé M. Pedneaud-Jobin en entrevue avec Le Droit, jeudi, signalant que le manque à gagner prévu en 2020 pour la Ville de Gatineau sera entre 25 et 35 millions $ en raison de dépenses supplémentaires et de revenus qui tombent.

Par exemple, les points de contrôle de la police de Gatineau à la frontière du Québec auront coûté quelque 400 000 $ à la Ville. La distribution de moins d’amendes se chiffre par des pertes d’un million $ par mois.


« Les villes ont un rôle à jouer dans la relance économique, elles ont un rôle à jouer dans la crise économique. On pense nous aussi qu’on devrait être aidés. »
Maxime Pedneaud-Jobin

En marge de la réunion de son Caucus des grandes viles, l’UMQ a réitéré jeudi l’importance des impacts de la crise engendrée par la pandémie de la COVID-19 sur les finances des municipalités. Elle appelle à un nouveau partenariat entre Québec, Ottawa et les municipalités «afin d’endiguer les pertes financières considérables que connaîtront les gouvernements de proximité d’ici la fin de 2020.

L’UMQ chiffre l’ensemble des pertes pour les municipalités à entre 856 millions $ et 1,2 milliard $. Plus de 60 % de celles-ci sont attribuables à la perte de revenu du transport en commun.

La baisse des droits de mutation et des permis de construction et de rénovation (250 millions $) et des amendes, contraventions et frais de stationnement (entre 140 millions $ et 160 millions $) représentent également un manque à gagner important, a souligné l’UMQ.