Le gouvernement fédéral finance ce projet qui concerne toutefois les lois et structures municipales du Québec. Une initiative qui profitera à tout le monde, selon le député libéral, Richard Hébert, qui a confirmé le montant offert à Récif 02. C’est son ancienne adversaire politique, Gisèle Dallaire, qui mènera le projet avec la chargée de projet Martine Boivin de Récif 02.

Ottawa accorde une aide financière à Récif 02

C’est au Saguenay-Lac-Saint-Jean que les solutions pour augmenter le nombre de femmes en politique municipale seront trouvées. Le gouvernement fédéral vient d’octroyer plus de 418 000 $ à Récif 02 pour déterminer quelles structures ou lois du Québec devront être modifiées pour favoriser la présence féminine dans les lieux de pouvoir.

« Si on ne fait rien, ça va prendre 60 ans avant d’atteindre une forme d’égalité en politique municipale. Une intervention est nécessaire pour changer les choses », plaide Martine Boivin, chargée de projet chez Récif 02. 

Cette dernière et Gisèle Dallaire, également chargée de projet et ex-candidate néo-démocrate aux élections fédérales, analyseront les obstacles qui entravent la participation des femmes. Les deux responsables feront ensuite des recommandations pour mettre fin à ces barrières. 

« Les obstacles, on les connaît déjà. Ils existent, ils sont répertoriés. Mais comment les changer en modifiant les lois ou les structures, ça n’a jamais été fait », précise Mme Boivin.

Cette dernière fait notamment référence au nombre de mandats illimités en politique municipale. « Les mandats qui ne finissent plus. L’accès est plus difficile pour celles qui veulent se tailler une place », croit-elle. 

« On va creuser davantage la question. On va également aller valider sur le terrain ces obstacles avant de faire nos recommandations », renchérit Gisèle Dallaire, qui pourra également accompagner les organisations souhaitant mettre en place des politiques égalitaires.

Les premières recommandations devraient être dévoilées au printemps prochain. C’est la concrétisation de ces mesures qui nécessitera le plus de travail.

« Ça sera en effet la partie la plus difficile. Il faudra convaincre le milieu de modifier les structures », admet Mme Boivin, précisant que le projet se déroulera sur trois ans. 

Le gouvernement fédéral a accordé des subventions à 10 organisations québécoises dans le cadre de son programme de promotion de la femme. Récif 02 est la seule qui mène un projet en lien avec la politique municipale.

« Je suis fier de l’engagement du gouvernement fédéral envers l’avancement de l’égalité entre les sexes. Je me réjouis aussi de savoir que cette collaboration avec l’organisme Récif 02 aidera à supprimer certains des obstacles qui empêchent les femmes d’accéder aux postes de pouvoir au sein de notre collectivité. Cette initiative profitera à tout le monde », soutient le député fédéral de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert.

Le financement de 418 000 $ servira à payer les deux chargées de projet, mais également cinq voyages au Canada. Dans le cadre d’un projet pancanadien, quelques femmes de la région ont été identifiées pour occuper le rôle de chef de file. Ces dernières intégreront un réseau pancanadien où 150 chefs de fils collaboreront pour l’avancement de l’égalité entre les sexes. Cinq grandes rencontres se tiendront dans les trois prochaines années un peu partout au Canada. Dans la région, Nicole Schmitt, première femme à avoir été nommée préfète, et Bibiane Courtois, première femme autochtone à siéger à la Commission des droits de la personne et au Conseil du statut de la femme, ont été choisies pour occuper le rôle de chef de file. Gisèle Dallaire fait également partie de ce groupe.