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Doug Ford, premier ministre ontarien
Doug Ford, premier ministre ontarien

Ontario: L'AFO réclame un service de traduction «express»

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
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L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) demande au gouvernement Ford d’instaurer un service de traduction express pour que la population ait un accès plus rapide aux informations dans les deux langues officielles.

Au cours de la pandémie, le gouvernement ontarien a commis de nombreuses failles face à ses obligations de respecter la Loi sur les services en français, conclut l’organisme franco-ontarien dans son plus récent rapport. 

Intitulé Les droits linguistiques au provincial en temps de crise, le document d’une quinzaine de pages publié jeudi inclut de nombreuses recommandations faites à la province afin qu’elle respecte mieux la Loi sur les services en français et les droits des Franco-Ontariens. 

Uniquement en anglais

L’AFO demande notamment au gouvernement de Doug Ford de mettre en place un service de traduction «express», et souligne qu’à de nombreuses reprises au cours de la pandémie, la province n’a pas été en mesure d’informer les anglophones et les francophones en même temps. 

Depuis le premier confinement imposé en Ontario, plusieurs documents remis aux journalistes et à la population ont été remis uniquement en anglais, la version française étant parfois publiée dans les heures ou les jours suivants. 

Il s’agit d’une pratique contraire à ce qui est exigé par la Loi sur les services en français, juge l’AFO. 

«Pour les journalistes, l’accès à des documents en français les aide dans l’exécution de leur travail. N’étant pas des traducteurs de formation et ayant des niveaux de maîtrise de l’anglais variés, le partage de documents unilingues anglais ralentit le travail des journalistes dans leur diffusion de l’information [ce qu’ils font souvent en direct avec les réseaux sociaux] et augmente les possibilités d’erreurs causées par une mauvaise traduction.»

Le Dr David William

L’organisme juge «malheureux que les obligations linguistiques soient parfois balayées au second plan». 

Même si la Loi ne requiert pas que les élus soient bilingues, elle régit néanmoins les documents partagés aux journalistes.

En même temps

Les documents doivent d’ailleurs légalement être publiés en même temps dans les deux langues reconnues par l’Assemblée législative de l’Ontario.

«S’il est vrai que l’ère de l’information en continu a profondément changé les méthodes de communication, les obligations linguistiques doivent être perçues comme un facteur essentiel à la réussite et à la clarté d’un message, et non un boulet ralentissant la communication.»

L’AFO a aussi constaté que la province n’a pas pris pour compte les francophones lors du déploiement de ses campagnes publicitaires visant à conscientiser la population face à la COVID-19.

L’organisme recommande au gouvernement de réviser ses protocoles et procédures administratives «afin de rejoindre les francophones dans le cadre de ses campagnes publicitaires et s’assurer que les médias franco-ontariens en fassent partie intégrante, dès le départ». 

La Commissaire aux services en français, Kelly Burke

Absence totale du français

L’AFO dénonce aussi dans son document l’absence totale du français lors des points de presse du médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr David Williams, comme l’avait aussi relaté la Commissaire aux services en français, Kelly Burke, dans son dernier rapport annuel. 

Pourtant, le poste de médecin hygiéniste en chef de la province constitue un organisme gouvernemental, au sens de la Loi, avait noté Kelly Burke. 

Quand il présente ses points de presse uniquement en français, le Dr Williams contrevient à la législation ontarienne. 

L’organisme franco-ontarien demande donc qu’un haut gestionnaire de son équipe soit disponible pour répondre en français lors de ses conférences de presse.