L’imposition d’un seuil pour la proportion de logements abordables dans chaque nouveau projet immobilier, un pouvoir dont disposent maintenant les municipalités, est aussi dans les cartons.

«On a des questions à se poser»

Autant à la Ville de Gatineau que dans le secteur privé, «certaines pratiques doivent évoluer» pour la facilité d’accès au logement pour les nouveaux arrivants, estime la conseillère et présidente de la Commission de développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette.

«On sait que les mouvements d’immigration sont en accélération et on peut présumer que ça va se poursuivre, alors on a des questions à se poser sur nos façons de faire. [...] Je suis d’accord avec M. Redzovic. J’ai eu vent de ces préoccupations, des critères sévères qui pénalisent indirectement ces familles-là. Il faut voir comment on peut actualiser la situation. Il y a un manque de logements pour les familles immigrantes, qui ont tendance à être plus nombreuses que la moyenne des ménages des Québécois de souche. Des logis avec plus de chambres, il en manque», note l’élue, rappelant que Gatineau est le troisième pôle d’immigration à travers la province.

Mme Marquis-Bissonnette affirme que le sujet sera à l’ordre du jour dès la semaine prochaine à la réunion de la Commission.

«On va en discuter, car l’une des actions proposées est que la Ville fasse de la sensibilisation à la réalité des familles immigrantes auprès des propriétaires privés. On doit travailler sur deux fronts : le logement privé, en favorisant plus de logis avec plusieurs chambres à coucher, mais également le logement abordable», dit-elle.

La conseillère milite également pour une refonte rapide du programme AccèsLogis Québec, qui chapeaute la construction de logements abordables.

«Pour nous, ça doit être une priorité. Il y a de gros défis en ce moment, car les coûts de construction admissibles n’ont pas été indexés par le gouvernement, alors beaucoup de projets ne sont pas viables financièrement, ne peuvent être construits. J’ai eu vent que ça s’en vient à Québec (la refonte)», dit-elle.

L’imposition d’un seuil pour la proportion de logements abordables dans chaque nouveau projet immobilier, un pouvoir dont disposent maintenant les municipalités, est aussi dans les cartons.

«Il y a beaucoup de questions à se poser. Par exemple, quel serait le seuil ? 10, 20, 30% ? Est-ce qu’on ne prioriserait pas plutôt cela en 2019 étant donné le faible taux d’inoccupation ?», s’interroge-t-elle.