Nouvelle journée tendue à l'UQO

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Un professeur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) a été arrêté hier, à la deuxième journée du retour en classe forcé par une injonction de la Cour supérieure.    
Le professeur Thibault Martin, qui a pris position en faveur de la suspension des cours au nom de son syndicat, lundi dernier, a été arrêté dans un couloir de l'UQO vers 10 h 30. Selon une collègue, aussi expulsée un peu plus tard (autre texte), le professeur Martin se trouvait au troisième étage de l'université lorsque les faits se sont produits. « M. Martin voulait se rendre à son bureau de façon très pacifique pour aller travailler et respecter l'injonction l'obligeant à donner son cours. Les policiers l'ont rapidement arrêté. Ils l'ont plaqué au sol, l'ont menotté et l'ont ramené. »
Le syndicat des professeurs a fourni un avocat à son membre. Thibault Martin est un professeur bien connu du Département des sciences sociales.
L'agent Pierre Lanthier, de la police de Gatineau, a confirmé l'arrestation pour entrave au travail des policiers. « Il se serait interposé après deux avertissements : le premier venant l'UQO, le deuxième d'un de nos agents. » La police n'a pas émis plus de détails sur l'incident. Toujours selon la police, des étudiants sont entrés à l'intérieur en début de journée et ont circulé dans l'établissement en guise de protestation contre l'injonction.
En entrevue avec LeDroit, le recteur Jean Vaillancourt a commenté l'arrestation du professeur Martin. « C'est un professeur que je connais bien, que j'affectionne. Ça me désole que le corps policier ait dû agir de manière à faire respecter l'injonction. L'intervention était nécessaire à mes yeux. »
Par ailleurs, la cinquantaine d'étudiants derrière l'injonction ont envoyé une mise en demeure - un « petit rappel » - au syndicat des professeurs de l'UQO en fin d'après-midi hier. L'objectif premier était de les avertir qu'un refus d'enseigner pourrait mener à un outrage au tribunal.
« En fait c'est une mise en demeure très simple pour apporter un point de clarification. Ce n'est pas dramatique, soutient Ugo de Montigny, un porte-parole de ces étudiants. Ce n'est pas un avertissement, mais plutôt un petit rappel que leurs actes pourraient avoir des conséquences graves. Nous n'avons pas envie que nos professeurs aient des contraventions. »
Colère chez les grévistes
L'arrestation du professeur Martin, ainsi que l'expulsion de quelques étudiants et d'au moins une enseignante, a mis le feu aux poudres chez les grévistes. Ils se sont rassemblés derrière l'UQO, où se trouve la seule porte franchissable pour le personnel et les étudiants désirant assister à leurs cours.
Scandant slogans anti-policiers et anti-injonction, la centaine de manifestants se sont dressés devant les policiers, bloquant une partie du boulevard Alexandre-Taché ou frappant dans les fenêtres d'une des entrées principales, derrière lesquelles des dizaines d'agents de sécurité privés et policiers de Gatineau veillaient au grain.
Une marche improvisée d'une trentaine de minutes sur le boulevard Alexandre-Taché, en début de journée, s'est déroulée pacifiquement.
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