Dans la plupart des cas, les intimidateurs ne réalisent qu’après les faits l’impact négatif de leurs gestes sur leurs camarades de classe, souligne la directrice de l'éducation au Centre canadien de protection de l'enfance, Noni Classen.
Dans la plupart des cas, les intimidateurs ne réalisent qu’après les faits l’impact négatif de leurs gestes sur leurs camarades de classe, souligne la directrice de l'éducation au Centre canadien de protection de l'enfance, Noni Classen.

Nouvel outil pour les enseignants ontariens

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
L’intimidation en milieu scolaire n’est pas un phénomène nouveau ni sur le déclin. Cette forme de violence évolue ce qui oblige les intervenants dans les écoles à s’ajuster et revoir ses pratiques constamment.

L’Ordre des enseignantes et enseignants de l’Ontario (OEEO) présentait vendredi, à Ottawa, le fruit de sa réflexion sur cet enjeu qui affecterait 58 % des élèves ontariens. L’espoir est d’arriver à transmettre les meilleures pratiques aux 238 000 membres de l’OEEO afin d’améliorer les relations entre les élèves à travers la province.

Les recommandations de l’Ordre sont résumées dans un fascicule de huit pages qui doit être transmis aux enseignants partout en Ontario. Le champ d’intervention des professionnels de l’éducation est résumé en six grandes thématiques parmi lesquelles on retrouve la rapidité de l’intervention, mettre l’accent sur la divulgation et l’éducation des intimidateurs.

Cette dernière recommandation serait d’ailleurs la clé selon les divers intervenants présents lors du dévoilement du plan de l’OEEO, vendredi.

« On ne veut pas simplement punir, ça n’a pas d’effet marqué pour changer des comportements négatifs », soutient le surintendant de l’éducation au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario, Matthieu Vachon.

La directrice de l’éducation au Centre canadien de protection de l’enfance, Noni Classen, ajoute que dans la plupart des cas, les intimidateurs ne réalisent qu’après les faits l’impact négatif de leurs gestes sur leurs camarades de classe.

« Ils adoptent des comportements de façon impulsive, sans trop y réfléchir, ce qui est normal quand on est enfant. Quand ils comprennent l’impact de leurs actions sur leur entourage, ça fait une grande différence. »

À l’OEEO, on soutient que l’objectif de l’initiative est évidemment d’outiller ses membres pour intervenir et freiner l’intimidation. Mais c’est également un prétexte pour susciter des discussions sur cet enjeu et réaffirmer l’importance, pour tous les intervenants du milieu scolaire, de s’attaquer au phénomène.

« C’est l’affaire de tout le monde, ce n’est pas seulement la responsabilité des enseignants de travailler pour enrayer l’intimidation. Les parents, les écoles, les conseils scolaires, les services de police et même les élèves doivent contribuer », souligne l’agente de communication principale de l’OEEO, Gabrielle Barkany.