Nathalie McSween et Josée Poirier Defoy ont informé les Gatinois mercredi sur les initiatives novatrices en faveur de la réduction du gaspillage alimentaire.

Nourrir en réduisant le gaspillage

L’Escouade anti-gaspillage alimentaire tenait mercredi à Gatineau la conférence La révolution des quartiers anti-gaspi, ayant pour but d’informer les Gatinois sur les initiatives novatrices en faveur de la réduction du gaspillage alimentaire.

Le projet de l’Escouade anti-gaspillage alimentaire, un projet unique au Québec porté par les membres de la Table de concertation sur la faim et le développement social de l’Outaouais (TCFDSO), a pour objectif principal d’offrir l’accès à des aliments sains pour tous les gens de la région.

Pour la directrice générale du regroupement des cuisines collectives de Gatineau et présidente du conseil d’administration de la TCFDSO, Josée Poirier Defoy, cette conférence est « une occasion inespérée de briller et de montrer aux yeux de tous ce qu’on fait pour la faim en Outaouais. »

Au Canada, une personne sur neuf est en situation d’insécurité alimentaire.

De plus, c’est près de 30 % de la nourriture qui n’est pas consommée, ce qui correspond à 2,2 millions de tonnes d’aliments gaspillés annuellement à l’échelle nationale.

Des chiffres qui rappellent qu’un important travail de sensibilisation est nécessaire.

« Faites le calcul. Il y a 2,2 millions de tonnes d’aliments gaspillés par année et 4 millions de personnes en insécurité alimentaire. Il y a donc 550 kg d’aliments qu’on pourrait récupérer pour ceux qui en ont besoin. C’est pas un calcul scientifique, il y a évidemment des variables à considérer, mais ça nous permet de penser les choses autrement », estime la directrice générale de la TCFDSO, Nathalie McSween.

L’Escouade travaille main dans la main avec d’autres organismes communautaires pour lutter contre la faim.

« On agit en complémentarité avec les autres organismes de la Table. On distribue à travers le réseau de Moisson Outaouais et à travers nos membres. On n’a pas d’entrepôts ni de frigos pour garder toute la nourriture, donc on doit la distribuer et la transformer rapidement avant qu’elle périsse », explique Mme McSween.

« Depuis un an et demi, on va chercher tous les jours plus de 150 à 400 livres de fruits et légumes. Même si on n’a pas d’entrepôt, on a quand même développé une capacité d’entreposage assez exceptionnelle étant donné qu’on a un grand réseau d’organisme à desservir », renchérit Mme Poirier Defoy.

Mme Poirier Defoy souligne que le mandat de l’Escouade s’étend au-delà de la distribution alimentaire.

« On pense aussi à l’environnement dans tout ça. On contribue à sensibiliser les gens à toutes les matières plastiques que l’on retrouve dans les épiceries. On s’est aperçu qu’il y a certains contenants qui sont réutilisables. »

L’Escouade a d’ailleurs remporté le Prix Virtuose 2018 pour son excellence en matière de protection environnementale en Outaouais.

L’organisme est aussi finaliste pour le Prix Demain le Québec de la Fondation David Suzuki qui reconnaît les gestes éco-responsables.

« On est heureux d’avoir un impact environnemental reconnu. C’est particulier qu’un organisme de distribution alimentaire soit reconnu sur le plan environnemental, mais ça démontre qu’on fait un bon travail », affirme Mme McSween.