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Le Grand Chef mohawk, Abram Benedict, et la mairesse de Cornwall, Bernadette Clement
Le Grand Chef mohawk, Abram Benedict, et la mairesse de Cornwall, Bernadette Clement

Notes blessantes: «Amenez vos inquiétudes aux bonnes personnes», dit la mairesse de Cornwall

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
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La mairesse de Cornwall, Bernadette Clément, demande à sa population de faire part des inquiétudes liées au respect des mesures sanitaires aux élus des différents paliers gouvernementaux, plutôt que de laisser des notes offensantes sur les pare-brise de véhicules.

Le conseiller municipal de Cornwall, Todd Bennett, avait publié sur sa page Facebook la semaine dernière une photo d’une note laissée sur le pare-brise d’un résident d’Akwesasne possédant un véhicule n’étant pas immatriculé en Ontario et venu faire des courses à Cornwall. «Vous n’êtes pas de cette province. Vous n’êtes pas voulu ici. Retournez chez vous et restez-y», peut-on lire sur la note, qui ne serait pas la seule du genre à avoir été déposée sur des pare-brise de voitures. Actuellement au Québec, passer d’une région à une autre n’est pas interdit, mais est à éviter le plus possible. En Ontario, seuls les déplacements essentiels sont permis.

Selon Mme Clément, tenter dans ce contexte de se faire justice soi-même sans connaître les subtilités de la juridiction que représente Akwesasne peut être mal perçu. Le territoire d’Akwesasne, assis directement à la frontière entre les États-Unis et le Canada, est divisé en trois juridictions au Québec, en Ontario et dans l’État de New York. Les habitants d’Akwesasne ont donc la double citoyenneté et peuvent circuler librement dans les différentes communautés avec des véhicules qui peuvent être immatriculés selon ces trois territoires. «Les gens [d’Akwesasne] sont ici pour des raisons très légitimes, il faut faire très attention. Si vous avez des inquiétudes, et on comprend qu’il y en a, amenez-les aux députés provinciaux, aux députés fédéraux, aux élus municipaux, amenez vos griefs chez nous pour qu’on puisse soulever ces inquiétudes-là avec les bonnes autorités et non pas risquer d’envoyer un message très négatif à nos voisins et nos partenaires économiques», a indiqué la mairesse.


« Le harcèlement dont les membres de notre communauté ont récemment fait l’objet est inacceptable. Nous espérons certainement que l’ignorance et l’incompréhension sont à l’origine de ce comportement, et non le racisme. »
Le Grand Chef de la nation mohawk d’Akwesasne, Abram Benedict

Le Grand Chef de la nation mohawk d’Akwesasne, Abram Benedict, a également réagi vendredi dernier sur Facebook. «[Akwesasne] c’est un “cauchemar juridictionnel” qui crée souvent des difficultés pour les membres de notre communauté, qui peut être difficile à expliquer aux autres», avait-il indiqué. «Le harcèlement dont les membres de notre communauté ont récemment fait l’objet est inacceptable. Nous espérons certainement que l’ignorance et l’incompréhension sont à l’origine de ce comportement, et non le racisme.»

«On veut vraiment avoir un message de respect des gens qui sont chez nous!», a martelé Mme Clément. «Il y a une fatigue. Les gens sont tannés. Ça fait dix mois qu’on est en situation difficile et il y a des restrictions encore plus sévères ces temps-ci. Alors les gens ne sont pas à leur meilleur, je comprends. Mais en même temps c’est une période où il faut faire des réflexions personnelles plutôt que de regarder ailleurs et de trouver des [problèmes] qui [n’ont pas lieu d’être].»

Depuis que la situation a été étalée sur les réseaux sociaux, la mairesse souligne avoir depuis reçu énormément de réactions positives de la part de la population et se dit encouragée par l’élan de solidarité envers les résidents d’Akwesasne. Mme Clément assure qu’elle fera un suivi avec le Grand Chef Benedict cette semaine afin de voir si la communauté d’Akwesasne a besoin de soutien supplémentaire de la part de la ville de Cornwall et pour s’assurer que le message est bien passé dans la population. «Nous voulons continuer à avoir des bonnes relations avec nos amis, nos voisins, nos partenaires économiques, et on veut s’assurer de ne rien faire pour endommager cette relation.»