« La prochaine négociation devrait nous servir à pérenniser, à avoir de nouveaux leviers pour s’assurer que jamais plus on va vivre ce qu’on a vécu dans les 10 dernières années », a lancé la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Nancy Bédard.

Négociations des conventions collectives : la consultation des infirmières commence

MONTRÉAL —Les infirmières en ont ras le bol et elles entendent bien profiter de la prochaine négociation des conventions collectives avec Québec pour régler plusieurs dossiers.

« La prochaine négociation devrait nous servir à pérenniser, à avoir de nouveaux leviers pour s’assurer que jamais plus on va vivre ce qu’on a vécu dans les 10 dernières années », a lancé la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Nancy Bédard, en entrevue avec La Presse canadienne, lundi.

L’organisation syndicale qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins a commencé lundi à consulter ses membres sur les matières « sectorielles » de la prochaine convention collective — autres que les salaires, la retraite, les droits parentaux qui seront négociés avec l’APTS, l’Alliance du personnel professionnel et technique dans la santé et les services sociaux.

La consultation a cours à la fois en ligne et lors d’assemblées générales dans les établissements de santé et de services sociaux. Elle durera jusqu’au 16 août.

« Je suis très, très inquiète. S’il n’y a rien de fait, je vais me questionner sur la volonté du gouvernement : est-ce qu’on veut larguer le réseau de la santé au privé ? » s’est demandé Mme Bédard.

« C’est un rendez-vous important. Je pense que tous les leviers sont là pour qu’on ait une bonne négociation et qu’on puisse redonner aux professionnelles en soins et de la santé le goût d’être dans le réseau public, qu’on puisse leur donner des messages forts que les 15 dernières années ont été difficiles, mais que c’est derrière elles, qu’on va réinvestir pour leur donner des conditions de travail et d’exercice » qui les retiendront dans le réseau et permettront de recruter.

Les membres de la FIQ seront donc appelées à suggérer des moyens pour y parvenir : comment stabiliser les équipes, comment revoir les postes à temps partiel pour qu’ils soient plus stables au plan monétaire et même comment réinventer les postes à temps complet ? Des infirmières à temps complet travaillent parfois dans trois centres ou neuf jours en ligne de nuit, rapporte Mme Bédard.

Et ce n’est pas avec de telles conditions, jumelées à une importante charge de travail, que l’on va garder les infirmières en poste et attirer de nouvelles recrues, fait valoir la dirigeante syndicale.

Les infirmières veulent avoir une vie personnelle en plus du travail. « Elles veulent savoir à quelle heure elles commencent à travailler, mais aussi à quelle heure elles finiront. Elles veulent savoir plus longtemps d’avance où elles travailleront et durant combien d’heures », a illustré Mme Bédard .

Pour ce qui est des heures supplémentaires obligatoires, la FIQ veut aller plus loin. « Il y a actuellement des travaux intensifs, mais des fois, dans les conventions collectives nationales, on est capable d’aller plus loin et surtout capable d’attacher des leviers qui rendent imputables les établissements », a avancé Mme Bédard.