Cette semaine, les Grands Frères Grandes Sœurs de l’Outaouais (GFGSO) a dénoncé le vol de cinq de ses 30 conteneurs à vêtements usagés.

«Ne pas se faire justice soi-même»

La bataille des conteneurs à vêtements usagés se poursuit à Gatineau, alors qu’un organisme communautaire se disant victime de vols a décidé de faire remorquer des bacs appartenant à une entreprise privée, qui s’est installée dans la ville en quelques heures.

Cette semaine, les Grands Frères Grandes Sœurs de l’Outaouais (GFGSO) a dénoncé le vol de cinq de ses 30 conteneurs à vêtements usagés.

De nombreux organismes communautaires recueillent de tels dons pour financer leurs activités.

Certains organismes, comme les GFGS, vendent les vêtements à des grossistes comme le Village des valeurs, et utilisent les profits pour leurs activités.

Un autre organisme, qui s’est fait voler deux bacs, cette semaine, est la Saint-Vincent-de-Paul Riviera. L’institution vend les vêtements à faible coût, pour permettre aux nécessiteux de se vêtir gratuitement.

Mais voilà qu’une entreprise de Laval, Éco Recyclage Inc, s’est installée de façon plutôt cavalière, cette semaine, en déposant des dizaines de conteneurs sur le territoire gatinois.

Celui qui apparaît comme président de cette société par actions au Registre des entreprises est Marius Vicentiu.

Vendredi, un homme, qui s’est identifié comme étant le « responsable du transport » pour l’entreprise, lorsque joint par Le Droit, a confirmé que M. Vicentiu avait contacté la police et tenté de s’expliquer auprès des organismes victimes de vols.

L’individu, qui ne s’est pas identifié, a confirmé que l’entreprise était bien privée, et non communautaire.

« Nous aussi, par ailleurs, nous avons des bacs qui sont disparus. »

Jeudi, la directrice générale des GFGSO, Yvonne Dubé, a fait remorquer ces conteneurs, qu’elle juge illégitimes.

Mme Dubé s’est dite « désespérée », cette semaine, puisque la perte de ses conteneurs représente des pertes de revenus, et que ce manque à gagner risque de provoquer des coupes budgétaires considérables.

La police de Gatineau a ouvert une enquête sur ces vols. Personne ne semblait connaître les auteurs de ces vols de bacs des GFGS et de la Saint-Vincent-de-Paul, vendredi.

Tous les intervenants interrogés par Le Droit réclament que la Ville de Gatineau délivre des permis pour contrôler cette activité lucrative.

Le directeur de 3R Québec, Simon Boudreau, précise que son organisme a déjà reçu le mandat de la Ville de recenser les conteneurs, et d’émettre des recommandations dans les prochains mois.

« La Ville nous a donné le mandat de recenser toutes les ‘boîtes’ sur le territoire », précise M. Boudreau.

Cet organisme, situé sur la rue Notre-Dame, à Gatineau, recueille aussi du textile et des équipements usagés. 

« Les vols de conteneurs, c’est une chose dit-il, et le recensement en est une autre. Nous condamnons évidemment les vols de conteneurs. Mais il faut aussi rappeler que c’est important de ne pas se faire justice soi- même. La police va trouver les responsables des vols. Mais là, tout le monde s’accuse, et enlève des conteneurs. Nous, de notre côté, on s’occupe du recensement pour savoir à qui sont ces boîtes, qui fait quoi, etc. »

Que ce soit des organismes communautaires ou des entreprises privées, la cueillette de vêtements usagés est légale.

« C’est certain qu’avec Éco Recyclage qui arrive en une nuit et installe une centaine de bacs dans la nuit... ‘Beding-Bedang!’ Ça peut brasser », s’exclame M. Boudreau.

Éco Recyclage, comme plusieurs autres entreprises privées semblables au pays, revend ces vêtements usagés à des grossistes ou les dédie à l’exportation.