Natacha Dupuis a remporté quatre médailles aux derniers Jeux Invictus. Aux 100, 200 et 400 m ainsi qu’en aviron.

Natacha Dupuis: quatre médailles et sans voix

Natacha Dupuis a gagné quatre médailles aux Jeux Invictus, qui se déroulaient récemment à Toronto. La Gatinoise occupait aussi le rôle de cocapitaine de l’équipe canadienne. Ses performances et son implication font d’elle la personnalité de la semaine Le Droit – Radio-Canada.

Il faisait chaud. La température ressentie en ce dernier lundi de septembre frôlait la barre des 40 degrés Celsius.

Ça n’a pas empêché Natacha Dupuis de gagner trois médailles en l’espace de quelques heures sur une piste d’athlétisme de Toronto, le 25 septembre dernier. Elle a été la plus rapide au 100 m, 200 m et 400 m aux Jeux Invictus.

Puis le lendemain, la caporale-chef à la retraite de Gatineau montait une quatrième fois sur le podium. Une médaille d’argent à l’épreuve d’aviron à l’intérieur s’ajoutait à son triplé doré.

« J’ai perdu la voix, s’excuse-t-elle en début d’entrevue. J’ai trop crié. J’étais trop excitée. »

Car en plus de concourir aux Jeux, Dupuis possédait un autre rôle important. L’équipe canadienne l’avait désigné cocapitaine pour la troisième édition des Jeux, une compétition multisports adaptés pour les militaires en service actif et les anciens combattants blessés et malades.

« Mes courses étaient au début de la semaine. J’ai eu ensuite quatre jours pour encourager les autres », raconte Dupuis, qui en était à une deuxième participation à l’événement fondé par le prince Harry.

La femme âgée de 38 ans avait gagné trois médailles en 2016 à Orlando. L’ancien président américain George W. Bush lui avait remis le bronze pour sa troisième place en dynamophilie.

« L’an dernier, c’était incroyable. Mais cette année, c’était génial. Ça se passait au Canada. La foule était derrière nous. »

Dupuis a été le visage francophone de la formation canadienne. Elle a multiplié les entrevues avant, pendant et après les Jeux. Un rôle qu’elle a adoré, qui lui a permis de parler aussi d’un épisode ayant marqué sa vie, il y a huit ans.

« Ce n’est pas toujours facile de faire des entrevues. Mais si je peux aider une personne en offrant mon témoignage, ça vaut la peine », affirme l’ancienne combattante qui livre une lutte quotidienne au stress post-traumatique depuis sa deuxième mission en sol afghan.

Le 22 mars 2009, Dupuis était canonnière dans un véhicule blindé qui retraitait vers Kandahar. Son équipe des Forces armées canadiennes a dû se transformer en premiers répondants et prodiguer les premiers soins lorsque le véhicule derrière elle a roulé sur un engin explosif improvisé. Deux soldats ont perdu la vie.

Une scène qui hante encore ses pensées.

« J’ai encore des symptômes. Par exemple lors de notre premier camp d’entraînement de l’équipe canadienne en vue des Jeux, je voulais tellement bien faire. À la fin de la semaine, la fatigue a eu le dessus sur moi. Quand je suis arrivée à l’aéroport, j’ai fait une grosse crise de panique. C’est important que les gens sachent que malgré tous les efforts que nous faisons, les blessures sont encore là. »

Règlements obligent, il s’agissait de sa dernière participation aux Jeux. L’équipe canadienne limite ses athlètes à deux éditions.

« Pour donner la chance au plus grand nombre possible de vétérans blessés de participer aux Jeux. Ça me va. Je pense avoir tout tiré comme athlète. »