Pierre Tremblay, de la FQMQ de l’Outaouais

Motoneige: un plan pour un retour à l’excellence en Outaouais

D’ici 2022, l’Outaouais devrait être de retour sur la liste des meilleures destinations pour motoneigistes au Québec.

C’est le souhait de l’administrateur de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FQMQ) pour la région de l’Outaouais, Pierre Tremblay, dont l’organisme représente 13 régions administratives et regroupe 200 clubs fédérés de motoneigistes aux quatre coins de la province.

M. Tremblay travaille en ce moment sur un plan d’action afin de redonner ses lettres de noblesse au sport de la motoneige dans la région. C’est un sérieux coup de barre qui doit être donné pour rendre l’Outaouais attrayant aux yeux des adeptes de la chenille, selon le principal concerné.

« Quand je suis arrivé en poste il y a deux ans, ce que j’ai réalisé, c’est que le réseau d’un peu plus de 2200 kilomètres que nous avons dans la région était déconnecté. Si je veux partir du Pontiac et venir à Gatineau, je ne peux pas parce qu’il n’y a pas d’interconnexion. Il y a eu des pertes de droits de passage à travers les années. Si on veut un réseau en santé, il faut que la région soit connectée ensemble », souligne M. Tremblay, en entrevue avec Le Droit.

La motoneige, en comptabilisant autant la pratique de celle-ci que l’industrie qui l’entoure, génère 3,2 milliards de dollars en retombées économiques dans la Belle-Province, selon des données compilées par la FCMQ. À cet égard, l’Outaouais n’est pas exploité à sa juste valeur, affirme sans détour M. Tremblay.

« On génère 25 millions de retombées économiques en Outaouais alors qu’on parle de 112 millions chez nos voisins des Laurentides. Il y a quelque chose qu’on fait qui n’est pas correct. Il faut se redonner une destination motoneige », lance l’administrateur.

Trois phases

Un investissement de 200 000 $, réalisé conjointement par la FCQM et le gouvernement fédéral, a permis en janvier 2017 d’ouvrir un pont de près d’un demi-kilomètre à Portage-du-Fort, dans la MRC de Pontiac, dans le but de relier les frontières québécoise et ontarienne. Dans la foulée de cette première phase, l’organisation de la FCMQ-Outaouais est en pourparlers avec des propriétaires terriens pour négocier les droits de passage afin de relier les municipalités de Low et Sainte-Cécile-de-Masham, mentionne M. Tremblay, précisant au passage que l’objectif est de faire en sorte que ce lien entre soit ouvert dès l’hiver 2020.

Dans un deuxième temps, la FCMQ-Outaouais envisage d’ouvrir les portes du territoire de Gatineau aux touristes hivernaux. Des rencontres à ce sujet ont déjà eu lieu avec les membres du conseil d’administration de l’aéroport exécutif de Gatineau-Ottawa, les représentants de la Chambre de commerce de Gatineau et le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, confirme M. Tremblay.

« Nous ne sommes pas capables comme motoneigistes de sortir de Gatineau si le lac McGregor n’est pas gelé. On est à une heure des États-Unis et nous sommes limitrophes avec l’Ontario. Les gens arrivent ici et ne sont pas capables de sortir dans la région. On ne profite pas de cette clientèle-là qui est à nos portes. Ce qu’on veut, c’est que l’aéroport devienne le point central avec un stationnement incitatif », affirme M. Tremblay.

Finalement, un lien entre Montebello et Lachute devra être créé, croit l’administrateur de la FCMQ-Outaouais. « Tout le bassin de Montréal, de la Montérégie et de Laurentides pourrait graviter de ce côté-là. Ce serait un boom extraordinaire pour la Petite-Nation », note-t-il.

M. Tremblay estime à 2 millions le budget total pour réaliser toutes les étapes du plan d’action d’ici 2022.