Photo de Gilles Paquet, prise en 2010.

Mort de l'économiste Gilles Paquet

L’universitaire et communicateur Gilles Paquet est décédé à l’âge de 82 ans, dans la nuit de jeudi à vendredi.

Le spécialiste des sciences économiques et ex-journaliste était connu pour ses prises de position tranchée, parfois en opposition ferme à l’opinion de la majorité. M. Paquet avait notamment signifié son désaccord avec la francophonie ontarienne dans les dossiers de l’Hôpital Montfort et celui de la désignation officielle du bilinguisme de la Ville d’Ottawa.

« C’était un grand communicateur, avec un sens de la formule assez extraordinaire. [...] Il n’a jamais eu peur d’aller à contre-courant », souligne l’ex-éditeur du Droit, Pierre Bergeron, qui a côtoyé Gilles Paquet pendant plusieurs années au Droit, mais aussi dans le cadre d’un groupe de dégustation de scotchs.

Un autre membre de ce club, l’agent immobilier Michel Noreau, affirme qu’ils se rassemblaient quatre fois par année. Il se souviendra de Gilles Paquet comme étant un membre « très volubile ».

« C’est un monument tant qu’à moi, affirme M. Noreau. C’est un bonhomme extraordinaire. Je ne dis pas qu’on était toujours d’accord, mais il savait toujours comment aller te chercher et te faire réagir. C’était un bon monsieur. »

Caricature de Gilles Paquet, dessinée en 2002.

Le chroniqueur radio et professeur à l’Université Saint-Paul, Clinton Archibald, faisait lui aussi partie de ce cercle d’amateurs de whiskey. Il connaissait Gilles Paquet depuis environ 50 ans et le décrit comme étant son meilleur ami. Lorsque joint par Le Droit, il a préféré ne pas accorder d’entrevue se disant « dévasté » par la mort de M. Paquet.

Opiniâtre

M. Bergeron vante le sang froid de Gilles Paquet, malgré qu’il ait connu de grands désaccords avec ce dernier.

« Il a toujours été fidèle à son rôle d’universitaire, indépendant de pensée. On n’a jamais pu l’enfermer dans des catégories connues d’avance. C’est un bonhomme qui avait sa propre pensée et c’est une qualité que je respecte beaucoup. »

N’ayant pas vu Gilles Paquet depuis plusieurs mois, Pierre Bergeron dit avoir pensé à lui cet automne lorsque les coupes aux services en français ont fait la manchette en Ontario, s’attendant à ce que l’universitaire partage publiquement son opinion sur la question.

« Je me suis dit : “regarde-le bien, il va sortir”. Et puis, on ne l’a pas entendu. Alors, probablement que sa santé s’était déjà détériorée. »

Gilles Paquet a enseigné pendant une décennie à l’Université Carleton, avant de joindre l’école de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa où il a fondé le Centre d’études en gouvernance. Il a également été journaliste à la radio et à la télé de Radio-Canada dans les années 70 en plus d’agir à titre d’éditorialiste invité pour Le Droit, dans les années 90.

Il a reçu un diplôme honorifique de l’Université Carleton en 2015, après en avoir reçu de l’Université Laval et de l’Université Thomson Rivers. Il était membre de l’Ordre du Canada depuis 1992, en plus d’avoir occupé la présidence de la Société royale du Canada de 2003 à 2005.