« Des châteaux forts libéraux, au fédéral, ça n'existe plus en Outaouais », a martelé hier le candidat bloquiste dans Hull-Aylmer, Dino Lemay.
« Des châteaux forts libéraux, au fédéral, ça n'existe plus en Outaouais », a martelé hier le candidat bloquiste dans Hull-Aylmer, Dino Lemay.

Mort annoncée du Bloc dans Hull-Aylmer?

Philippe Orfali
Philippe Orfali
Le Droit
Serait-ce la fin pour le Bloc québécois dans la circonscription d'Hull-Aylmer? L'association de comté de la formation souverainiste a été radiée ces derniers jours par Élections Canada, un an après une humiliante quatrième place au scrutin du 2 mai 2011.
Le directeur général des élections a également annoncé la radiation de l'association conservatrice d'Ottawa-Vanier. Un événement plutôt rare pour un parti solidement établi comme le Parti conservateur, et une première pour les troupes de Stephen Harper en Ontario.
Dans les deux cas, les associations de comté ont manqué à leurs obligations de fournir certains documents importants à Élections Canada dans les délais prescrits.
«La radiation, c'est un dernier recours», indique John Enright, porte-parole d'Élections Canada.
Le Bloc a notamment été incapable de fournir la composition de l'exécutif de l'association. Car celui-ci n'existe tout simplement plus. Les conservateurs du château fort libéral d'Ottawa-Vanier auraient eu des problèmes semblables.
Depuis les dernières élections fédérales, François Brochu, le président de l'association du Bloc québécois dans Hull-Aylmer est disparu dans la nature, de l'aveu même de l'ex-trésorier de l'organisation, Bernard Caron.
«On a perdu totalement contact avec lui. On a essayé de le rejoindre par téléphone et courriel et on n'a aucune idée où il est rendu», explique celui qui a, un peu malgré lui, pris la relève depuis quelques mois.
En tant qu'agent financier et trésorier, M.Caron a rempli ses fonctions jusqu'à la radiation. «Il n'y avait personne qui était prêt à prendre la relève. L'association n'existe plus. Tout sera géré directement par le national.»
«Les états financiers vérifiés ont été soumis, précise M.Caron. Sur le plan des états financiers, tout est en ordre. C'est l'exécutif, le problème.»
Le Bloc québécois comptait pourtant 300 membres en règle au moment de l'élection du chef Daniel Paillé, en décembre.
De l'avis de M.Caron, les supporters souverainistes ont délaissé l'arène fédérale pour se concentrer sur la politique provinciale. Le 2 mai 2011, le Bloc et son candidat, le syndicaliste Dino Lemay, essuyaient leur pire performance depuis la naissance du parti, tant en pourcentage qu'au classement.
Le Bloc a alors récolté 8,4% du vote. M.Lemay est arrivé au quatrième rang, derrière la néo-démocrate Nycole Turmel, le député libéral sortant Marcel Proulx et la candidate conservatrice Nancy Brassard-Fortin.
«Ça a été un dur coup les élections de mai 2011. Mais cela ne veut pas dire que l'idée est en perte de vitesse. À mon avis, les forces (souverainistes) se regroupent à un niveau provincial plutôt qu'au (palier fédéral)», opine M.Caron.
LeDroit a tenté de joindre le candidat bloquiste dans Hull-Aylmer, Dino Lemay, de même que son homologue conservateur dans Ottawa-Vanier, Rem Westland. Nos appels sont demeurés sans réponse.