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Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin
Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin

Montée Chauret: il y a un os, reconnaît le maire Pedneaud-Jobin

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
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Dès qu’il est question du cas de la montée Chauret au conseil municipal, un malaise semble s’installer et tout le monde se met à s’exprimer à mots couverts. La situation était particulièrement évidente lorsque le conseiller du quartier, Jean Lessard, a soulevé l’enjeu réglementaire auquel font face les résidents lors des discussions publiques, en novembre dernier, sur le nouveau règlement d’urbanisme. 

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, est celui qui a résumé la situation le plus clairement. « C’est vraiment un cas où rien qu’à voir, on voit bien qu’il y a un enjeu là, a-t-il dit. C’est clair qu’il y a une question qui se pose là. Il y a un os. Il y a quelque chose qui est difficile à comprendre à cet endroit-là. »

Les citoyens de la montée Chauret posent depuis des mois des questions sur les changements qu’ils croient être survenus avant 2005 concernant la zone tampon qui doit les protéger de l’activité industrielle. En avril 2020, dans une lettre obtenue par Le Droit, un responsable du service de l’urbanisme affirme qu’« il ne reste malheureusement plus personne de cette cuvée de planificateurs pour expliquer la situation ». 

Interpellé par Le Droit au sujet de cette ancienne zone tampon, le conseiller du quartier, Jean Lessard, précise s’être fait dire par les services juridiques de la Ville de faire très attention à ce qu’il dit, puisque la cause est devant la Commission municipale du Québec (CMQ). « Pourquoi cette zone entre le secteur industriel et les propriétés dont parlent les résidents n’est plus là, je ne le sais pas, je n’ai jamais eu de réponse à cette question, dit-il. Pour toute question concernant la zone de 200 mètres, on me demande de vous référer à l’accès à l’information. »

Le conseiller Jean Lessard

Muselé

Selon les résidents de la montée Chauret, il est évident que le conseiller Lessard est muselé par les services juridiques de la Ville. « Ça fait des années qu’on discute avec lui, et c’est très clair qu’il est menotté, affirme Luc Gauthier, un des résidents de la montée Chauret. Il ne peut rien nous dire. Il n’a jamais pu faire quoi que ce soit pour nous aider. Le reste de l’administration non plus. Des fonctionnaires nous expliquent des choses, mais ils n’ont essentiellement rien à dire par rapport à ce qu’on cherche à savoir. »

En novembre dernier, le directeur de l’urbanisme, Mathieu Bélanger, a publiquement expliqué au conseil que ce secteur devait passer d’un zonage résidentiel à un zonage commercial léger. Cette modification réglementaire permet de s’assurer que plus aucune maison ne sera construite à moins de 200 mètres de la zone industrielle. Les résidences qui y sont déjà, à savoir toutes celles de la montée Chauret, sont maintenant visées par un droit acquis dans une zone où elles ne devraient pas être. Il y avait obligation pour le conseil d’agir de la sorte, a précisé M. Bélanger, afin que le nouveau règlement d’urbanisme et de zonage soit conforme aux orientations du schéma d’aménagement s’il devait être contesté devant un tribunal.

Lors de cette rencontre publique de novembre, la présidente de la Commission du développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette, a précisé que le conseil entendait les préoccupations des citoyens de la montée Chauret et qu’une solution pourrait possiblement être mise de l’avant au cours des prochains mois, dans le cadre d’un exercice de révision très parcellaire du schéma d’aménagement.