Une cinquantaine de camions transitent par le coeur du village de Montcerf-Lytton chaque jour.
Une cinquantaine de camions transitent par le coeur du village de Montcerf-Lytton chaque jour.

Montcerf-Lytton ou vivre avec 20 000 poids lourds par année

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Le maire de la municipalité de Montcerf-Lytton, Alain Fortin, n’en peut plus des milliers de poids lourds chargés de bois qui transitent chaque année dans son village de 600 âmes.

Les fondations des rues de la municipalité n’ont jamais été construites pour accueillir de telles charges. Le résultat parle de lui-même, les routes sont carrément défoncées et la municipalité n’a pas les moyens de les rendre carrossables. Mais il y a pire, note le maire. «La pollution auditive que ça provoque est devenue invivable, dit-il. C’est certain qu’on a perdu beaucoup de citoyens au fil des ans à cause de ça.»

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M. Fortin affirme qu’en moyenne 20 000 camions transitent par le coeur du village de Montcerf-Lytton chaque année. Ça peut représenter une cinquantaine de camions par jour. «Il n’y a pas beaucoup de municipalités au Québec qui vivent ça à cette fréquence, dit-il. C’est énorme.»


« Il faut profiter du consensus qu’on a actuellement pour enfin réaliser ce projet attendu depuis si longtemps »
Alain Fortin, maire de Montcerf-Lytton

Ces désagréments ont poussé le maire Fortin, en 2012, à dépoussiérer le vieux projet de la route Maniwaki-Témiscamingue qui était au point mort depuis belle lurette. Cette «route de bois» qui n’a jamais été terminée permettrait de détourner le transport lourd de Moncerf-Lytton.

«On n’est pas contre l’industrie forestière, bien au contraire, insiste le maire. Si on endure les camions depuis si longtemps c’est qu’on comprend qu’il y a de nos citoyens et de partout dans la MRC, même de Gatineau, qui vivent de cette industrie. Mais là, honnêtement, on a besoin d’aide. Il faut que ça cesse.» 

M. Fortin précise qu’en 40 ans, le projet de la route Maniwaki-Témiscamingue n’a jamais été aussi avancé que maintenant. 

«Là, on a un consensus à la table des maires, à la MRC et toute la région est derrière le projet, note le maire Fortin. C’est primordial que ce dossier devienne concret avant les prochaines élections. Il faut profiter du consensus qu’on a actuellement pour enfin réaliser ce projet attendu depuis si longtemps.»