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Les inondations causées par Florence entraînent de nouvelles évacuations

GALIVANTS FERRY — Huit jours après que l’ouragan Florence eut frappé la côte est des États-Unis et déversé plus de 25 millimètres de pluie, de nouveaux avis d’évacuation ont forcé des résidants des Carolines à se réfugier sur des terres plus élevées alors que les eaux boueuses des rivières en crue continuent d’inonder des secteurs entiers.

Au moins 42 personnes ont perdu la vie et des centaines d’autres ont dû quitter leur domicile en raison du niveau des eaux qui ne cesse de monter.

Le gouverneur de la Caroline du Sud, Henry McMaster, a prévenu la population que «le pire était encore à venir».

Même si le courant a été rétabli dans la plupart des régions des Carolines et de la Virginie, et que des équipes ont été dépêchées sur les lieux pour ramasser les montagnes de débris laissés par Florence, l’eau s’écoulant de l’intérieur des terres vers l’océan a fait sortir les rivières de leur lit à plusieurs endroits.

M. McMaster a estimé que les dommages causés par les inondations dans son État pourraient atteindre 1,2 milliard $US. Il a exhorté le Congrès américain à fournir de l’aide financière au plus vite, affirmant dans une lettre qu’il s’agissait du «pire désastre» de l’histoire moderne de la Caroline du Sud.

Le gouverneur de la Caroline du Nord, Roy Cooper, croit aussi que les dommages dans son État se chiffrent en milliards, mais a indiqué qu’il était encore trop tôt pour donner un nombre exact, les effets de la tempête se faisant toujours sentir.

La situation pourrait toutefois empirer. Le Centre national de surveillance des ouragans a révélé qu’il observait quatre zones dans l’océan Atlantique pour détecter les signes d’une nouvelle tempête tropicale. L’une de ces zones se trouve au large des côtes des Carolines.

Monde

L'ONU adopte une résolution pour renforcer l'efficacité de ses Casques bleus

NATIONS UNIES — Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté vendredi à l'unanimité une résolution proposée par les États-Unis pour renforcer l'efficacité des Casques bleus et sanctionner plus durement les échecs des contingents à protéger les civils dans les missions de paix.

Ces dernières années, plusieurs opérations de paix ont été entachées par des affaires d'abus sexuels ou d'inaction alors que des civils étaient menacés par des groupes armés, notamment en République centrafricaine et au Soudan du Sud.

La résolution, critiquée par la Russie pour qui son élaboration n'impliquait pas assez les pays contributeurs de troupes, prévoit en cas de défaillances des «retenues sur des remboursements» de l'ONU, des «remplacements» ou des «rappels» de contingents.

Certaines de ces mesures ont déjà été appliquées dans le passé mais il s'agit avec cette résolution «de les systématiser», souligne-t-on de sources diplomatiques. Le texte «salue» le processus d'enquêtes spéciales qui est à la disposition du secrétaire général et souligne la nécessité qu'elles soient transparentes.

À la suite de critiques, notamment de pays contribuant fortement aux 14 missions de paix actuelles de l'ONU, qui mobilisent près de 100 000 Casques bleus dans le monde, le texte a été plusieurs fois amendé lors des négociations, selon des diplomates.

«Nous avons associés à la rédaction les grands pays fournisseurs de contingents», a souligné l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley. «Vos idées et vos critiques sont reflétées dans le texte, c'est votre résolution», a-t-elle ajouté à leur intention. Pour l'ONU, cette résolution représente «un outil au service de la paix et pour mieux protéger les civils», a précisé la diplomate.

Droit de veto

Lors des négociations, «le travail n'a pas été aisé», a avoué l'ambassadeur russe adjoint à l'ONU, Dimitri Polyanski. La Russie «a été à deux doigts d'une décision radicale», a-t-il précisé en évoquant implicitement un recours au droit de veto dont dispose Moscou comme membre permanent du Conseil de sécurité. Au final, s'est construit «une pratique constructive» qui a permis l'unanimité, a noté le diplomate russe, en réclamant qu'elle puisse aussi s'exercer sur les autres grands dossiers dont le Conseil est saisi.

Les missions de paix actuelles ne comptent que quelques dizaines de Casques bleus de nationalité américaine, mais les États-Unis sont le plus gros contributeur financier à leur budget, d'un montant total de 6,7 milliards de dollars.

C'est à ce titre que Washington a souhaité faire adopter une résolution au Conseil de sécurité, selon une source diplomatique s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Dans une démarche séparée, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, fera approuver formellement mardi, en marge de l'Assemblée générale annuelle des Nations unies, une «déclaration d'engagements communs» pour les opérations de paix à plus de 130 pays, dont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume Uni).

Dans ce document intitulé «Action pour le maintien de la paix», les signataires s'engagent notamment à «promouvoir des solutions politiques», définir des «mandats clairs (...) et réalisables», «appuyer la bonne performance» des Casques bleus et à respecter «le principe de responsabilité».

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L’Afghanistan, cimetière de journalistes

ÉCLAIRAGE / KABOUL — À peine les journalistes de la chaîne afghane ToloNews avaient-ils bouclé leur direct sur le site d’un attentat suicide à Kaboul qu’une voiture piégée explosait à quelques mètres d’eux, les tuant sur le coup et endeuillant une nouvelle fois la profession.

La mort de Samim Faramarz et de Ramiz Ahmadi, le 5 septembre, porte à 13 le nombre de journalistes tués cette année en Afghanistan, devenu en 2018, selon Reporters sans frontières (RSF), le pays le plus meurtrier au monde pour les médias.

Elle force également les rédactions à relancer un vieux débat: comment informer dans un environnement aussi dangereux?

«Quand nous quittons nos maisons, nous ne savons pas si nous reviendrons vivants», déclare à l’AFP Hamid Haidary, journaliste de la chaîne 1TV, dont les photos de confrères décédés trônent au-dessus de son bureau.

Hamid Haidary s’était lui aussi rendu sur les lieux de l’explosion qui a coûté la vie aux deux journalistes de ToloNews, une des deux chaînes d’information en continu du pays. Mais, plus chanceux, il était retourné à son bureau quelques minutes avant le deuxième attentat.

«C’en est déjà trop pour nous», se désole Lotfullah Najafizada, directeur de ToloNews, le plus grand radiodiffuseur privé d’Afghanistan.

Les conditions de sécurité se détériorant d’année en année, la peur et l’anxiété sont de plus en plus présentes, reconnaît-il.

«Le danger n’est pas seulement sur le lieu de l’explosion, mais également lorsqu’il s’agit de se déplacer dans une province, de simplement venir au bureau ou même d’être au bureau. Les risques sont partout», dit-il.

Zones interdites d’accès

Selon RSF, quelque 60 journalistes et employés de presse ont été tués en Afghanistan depuis l’invasion américaine de 2001 qui a mis fin au régime taliban et a permis l’éclosion d’une industrie de médias indépendants.

Un centre de soutien aux médias en Afghanistan, le NAI, avance un bilan de 95 décès.

Mais le départ des troupes de combat de l’OTAN, fin 2014, a marqué le début d’une dégradation brutale de la sécurité, avec la multiplication d’attaques talibanes et l’arrivée dans le pays du groupe armé État islamique (EI).

En quatre ans, 39 journalistes et employés de presse ont été tués, selon RSF, et les médias ont été contraints de réduire la couverture des champs de bataille, de nombreuses zones étant interdites d’accès.

Les attentats suicides dans les centres urbains, en particulier à Kaboul, sont alors devenus l’une des priorités des médias afghans, les journalistes se précipitant pour être les premiers sur les lieux.

Un double attentat à la bombe dans la capitale afghane le 30 avril revendiqué par l’EI a changé la donne.

Neuf journalistes, dont le chef photographe de l’AFP, Shah Marai, y ont perdu la vie, le bilan le plus lourd pour la profession depuis la chute du régime taliban.

Moins de trois mois plus tard, un chauffeur de l’AFP, Mohammad Akhtar, périssait dans un nouvel attentat suicide.

Y aller ou pas 

Ces décès forcent les médias à s’interroger sur leurs mesures de sécurité, d’autant que le pays se prépare à un regain de violence avec la tenue d’élections législatives en octobre.

Gouvernement et forces de sécurité sont tenus en grande partie responsables de ces morts pour ne pas avoir su les protéger. Mais les rédactions ont également été critiquées pour avoir mis leur personnel en danger.

«Perdre des journalistes dans des événements similaires et ne pas tirer les leçons des erreurs commises est une mauvaise gestion tant de la part des médias que du gouvernement», affirme Sayed Ikram Afzali, directeur général de l’ONG afghane Integrity Watch.

Mais ne pas couvrir les attentats suicides «serait un manque de respect à l’égard des victimes», estime le chef du bureau de la BBC, Shoaib Sharifi qui assure réduire les risques.

La chaîne 1TV, dont plusieurs employés ont péri lors d’attentats, continuera à se rendre sur les lieux d’explosions. «Les gens méritent de savoir ce qui se passe dans leur pays», déclare le directeur de l’information Abdullah Khenjani, assurant cependant ne plus chercher à être les premiers sur les lieux.

La position par défaut du New York Times est «on n’y va pas... à moins qu’il y ait une raison exceptionnelle d’y aller», explique le chef du bureau à Kaboul, Rod Nordland. «Mais dans la majorité des cas, nous estimons qu’il n’y a pas de raison exceptionnelle.»

Le quotidien américain préfère se rendre dans les hôpitaux ou auprès des familles des victimes pour montrer les souffrances humaines causées par de telles attaques.

L’Agence France-Presse a adopté les mêmes règles. «Le risque d’être frappé par un deuxième attentat est supérieur à la valeur journalistique des images d’un attentat», estime Rod Nordland.

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L’accusatrice de Kavanaugh visée par Trump

WASHINGTON — Finis les égards: Donald Trump a attaqué vendredi frontalement la femme qui accuse son candidat à la Cour suprême d’agression sexuelle, s’étonnant de son silence pendant plus de trente ans.

L’universitaire Christine Blasey Ford, 51 ans, affirme que le juge Brett Kavanaugh, 53 ans, l’a agressée lors d’une soirée arrosée entre adolescents au début des années 1980 dans la banlieue de Washington, ce que le magistrat nie vigoureusement.

«Si les attaques avaient été aussi graves que ce que dit le Dr Ford, il y aurait eu une plainte d’elle ou de ses parents aimants», a tweeté le président Trump, affichant pour la première fois aussi clairement ses doutes sur la crédibilité de la chercheuse en psychologie.