Le président vénézuélien Nicolas Maduro a déclaré initier "un processus de décolonisation" en remplaçant lundi le nom de l'autoroute principale de Caracas, celui d'un "colonisateur génocidaire", par le nom d'un célèbre chef indigène.
Le président vénézuélien Nicolas Maduro a déclaré initier "un processus de décolonisation" en remplaçant lundi le nom de l'autoroute principale de Caracas, celui d'un "colonisateur génocidaire", par le nom d'un célèbre chef indigène.

Venezuela: Maduro rebaptise une autoroute portant le nom d'un "colonisateur génocidaire"

Agence France-Presse
CARACAS - Le président vénézuélien Nicolas Maduro a déclaré initier "un processus de décolonisation" en remplaçant lundi le nom de l'autoroute principale de Caracas, celui d'un "colonisateur génocidaire", par le nom d'un célèbre chef indigène.

M. Maduro a fait cette annonce lors de la célébration du 528e anniversaire de la "Résistance indigène". C'est ainsi que le mouvement chaviste, créé par le président Hugo Chavez (1999-2013), appelle le jour de la découverte des Amériques par Christophe Colomb, le 12 octobre 1492.

Ce jour est aussi appelé "Jour de la race" dans de nombreux pays d'Amérique latine. Le 12 octobre est aussi le jour de la fête nationale en Espagne.

"J'ai décidé (...) d'engager de manière progressive, graduelle, organisée et disciplinée un processus de décolonisation et de reconquête de tous les espaces publics portant le nom des colonisateurs, conquérants et génocidaires, et à partir d'aujourd'hui" l'autoroute Francisco Fajardo, un descendant d'Espagnols né au Venezuela et lié à la colonisation, s'appellera "Grand cacique Guaicaipuro", a annoncé Nicolas Maduro.

Cette autoroute de 28 kilomètres de long reliant l'est à l'ouest de la ville "portait le nom du colonisateur génocidaire Francisco Fajardo (...) c'est comme si dans un pays européen ils avaient nommé une autoroute (Adolf) Hitler", a ajouté M. Maduro.

Pendant plus de deux décennies au pouvoir, le chavisme a changé le nom de plusieurs sites vénézuéliens emblématiques.

Le 12 octobre 2004, une statue de Christophe Colomb avait été descendue de son piédestal par les partisans du président Chavez.

Aujourd'hui trône une sculpture du chef indien Guaicaipuro (1530-1568) qui appela au soulèvement contre les conquérants espagnols et leur opposa une farouche résistance.

Lundi au Chili, en Colombie et en Bolivie, des membres des communautés indigènes ont manifesté pour commémorer cette "sombre date pour les peuples, pour les nations premières des Amériques, car elle marque le début du génocide, de l'exploitation, du pillage, de l'esclavage", a déclaré à La Paz le porte-parole d'une communauté autonome Mapuche du Chili.