Une Afro-américaine abattue à son domicile au Texas par un policier blanc

WASHINGTON — Un policier blanc américain faisait l’objet d’une enquête lundi après avoir abattu une Afro-américaine à son domicile de Fort Worth, au Texas, lors d’une banale opération de contrôle.

La famille d’Atatiana Jefferson, 28 ans, a demandé lors d’une conférence de presse que la police de Fort Worth, qui dirige les investigations, soit dessaisie du dossier et que l’agent soit inculpé « rapidement ».  

Le drame intervient moins de deux semaines après la condamnation à dix ans de prison d’une policière blanche qui avait tué un voisin noir en affirmant se tromper d’appartement en 2018 à Dallas, à une cinquantaine de kilomètres de Fort Worth.

Il suscite une forte émotion dans cette ville de 900 000 habitants, où des centaines de personnes ont exprimé leur colère dimanche soir lors d’une veillée en mémoire de la victime, et relance le débat sur les violences policières envers les Afro-américains, dénoncées par le mouvement Black Lives matter (« les vies des Noirs comptent », en français).

Cette fois, l’affaire a débuté par un appel à la police, dans la nuit de vendredi à samedi, émis par un homme inquiet de voir la porte d’entrée de sa voisine ouverte depuis plusieurs heures.  

Dépêchés sur les lieux, deux agents ont contourné le domicile et ont « observé une personne debout près d’une fenêtre », selon un communiqué de la police. « Percevant une menace, un policier a sorti son arme de service et tiré un coup de feu », selon ce document.

L’agent, un homme blanc employé depuis avril 2018 par la police de Fort Worth, « n’a pas annoncé qu’il était un policier avant de tirer », a reconnu le lieutenant Brandon O’Neil.  

Vidéo

Mme Jefferson était en train de jouer à des jeux vidéo avec son neveu de 8 ans quand elle a entendu un bruit dans le jardin, a précisé l’avocat de sa famille, Lee Merritt.  

Selon lui, elle s’est dirigée alors vers sa fenêtre pour regarder ce qui se passait. Elle est morte avant l’arrivée des secours.

Diplômée en biologie, elle travaillait dans une entreprise pharmaceutique, a précisé sa famille. Elle avait ouvert la porte pour laisser l’air circuler et rafraîchir la maison, ont-ils ajouté.  

La police de Fort Worth, qui assure « partager les graves inquiétudes du public », s’est engagée à la plus grande transparence.

Elle a diffusé des extraits d’une vidéo de l’intervention. On y voit les agents vérifier les abords de la maison avec des lampes torches. Après un mouvement à une fenêtre, l’un d’eux crie « Mains en l’air, montrez-moi vos mains ! » et tire quasi immédiatement.

Le policier a été immédiatement suspendu et doit subir un interrogatoire lundi, mais la famille de la jeune femme souhaite qu’un service fédéral s’empare de l’enquête. « Il n’y a aucune justification possible à ses actions », a déclaré la sœur de la victime, Ashley Carr.  

La maire de Fort Worth, Betsy Price, envisage de faire venir un tiers pour mener une enquête distincte, selon le journal Star-Telegram.