La procureure du comté de Sacramento, Anne Marie Schubert, a confirmé aux médias lors d'une conférence de presse mercredi qu'une preuve d'ADN avait aidé à résoudre le dossier au cours des six derniers jours.

Un ex-policier suspecté d'être un tueur en série en Californie

SACRAMENTO — Les autorités californiennes croient avoir mis la main au collet d'un tueur et violeur en série ayant sévi dans les années 1970 et 1980.

Le suspect est Joseph James DeAngelo, un ex-policier âgé de 72 ans arrêté dans la région de Sacramento dans la nuit de mercredi. D'après les autorités, l'homme aurait commis au moins 12 homicides, 45 viols et une panoplie de vols à travers la Californie sur une période d'une dizaine d'années.

Le procureur du district de Ventura, Greg Totten, a déclaré aux journalistes mercredi que l'homme avait été formellement accusé de deux meurtres au premier degré pour la mort d'un couple en 1980. Il a déclaré que la poursuite réclamerait la peine de mort contre l'ancien policier.

Joseph James DeAngelo est également soupçonné d'avoir tué Brian et Katie Maggiore en 1978, a précisé M. Totten. D'autres accusations pourraient être portées plus tard.

Cet ex-policier a été renvoyé du Service de police d'Auburn en 1979. Il est maintenant considéré comme le possible «tueur du Golden State» ou encore le «East Area Rapist» (violeur du secteur est).

Des analyses d'ADN effectuées à partir d'échantillons prélevés lors de deux meurtres commis en 1978 à Sacramento ont mené à l'arrestation du suspect qui pourrait être lié à plus de 175 crimes.

Muni d'une arme à feu et masqué, il terrorisait la population en entrant par effraction dans des résidences où se trouvaient des femmes seules ou des couples endormis. Parfois, il ligotait l'homme et empilait de la vaisselle sur son dos. Il violait ensuite la femme tout en menaçant de tuer le couple si la pile de vaisselle s'écroulait.

L'agresseur quittait les lieux en emportant des souvenirs comme des pièces de monnaie ou des bijoux appartenant aux victimes âgées de 13 à 41 ans.

Le suspect est Joseph James DeAngelo, un ex-policier âgé de 72 ans arrêté dans la région de Sacramento dans la nuit de mercredi.

Des preuves d'ADN

La procureure du comté de Sacramento, Anne Marie Schubert, a confirmé aux médias lors d'une conférence de presse mercredi qu'une preuve d'ADN avait aidé à résoudre ce dossier au cours des six derniers jours.

Elle a déclaré que «la réponse allait toujours venir de l'ADN» et que la concordance avait pu être établie dans les dossiers des meurtres de Brian et Katie Maggiore.

L'arrestation du suspect survient après de longs efforts déployés par les enquêteurs. Des dizaines de personnes ont investi des centaines d'heures afin de «rendre justice aux victimes et à leur famille», a ajouté la procureure.

Des enquêteurs du FBI et d'autres corps de police ont notamment procédé à une perquisition dans une résidence du secteur de Citrus Heights au nord-est de Sacramento, une propriété qui serait liée au suspect.

Joseph James DeAngelo a été renvoyé de la police pour avoir volé du répulsif à chien et un marteau dans une pharmacie, d'après des articles publiés dans les journaux de l'époque.

Une victime, Jane Carson-Sandler, agressée sexuellement en Californie en 1976 par un homme suspecté d'être le soi-disant «East Area Rapist», affirme avoir reçu un courriel mercredi de la part d'un détective à la retraite. Ce dernier a travaillé sur l'enquête et lui a écrit pour lui confirmer qu'un suspect avait été identifié et qu'il avait été arrêté.

«Je suis submergée par la joie. C'est une montagne russe d'émotions», a commenté Mme Carson-Sandler en entrevue téléphonique avec l'Associated Press. «Ça fait du bien de pouvoir mettre un point final à cette histoire et de savoir qu'il est en prison», a-t-elle ajouté.

En 2016, les autorités californiennes et le FBI ont relancé l'enquête en offrant une récompense de 50 000 $US pour l'arrestation et la condamnation d'un suspect.

Un voisin du suspect arrêté, Kevin Tapia, âgé de 36 ans, a raconté un incident où son père et Joseph James DeAngelo se sont querellés. Il dit l'avoir souvent entendu blasphémer et se fâcher dans sa cour arrière.

«Personne ne croit habiter aux côtés d'un tueur en série, mais c'était un type étrange. Quand on y pense, je pourrais l'imaginer faire de telles choses, mais je ne l'aurais jamais soupçonné», a-t-il raconté.