Le Canado-Kényan Miguna Miguna milite au sein de l’opposition kényane.

Un Canado-Kényan déporté se dit coincé à Dubaï

NAIROBI — Un citoyen canadien qui milite au sein de l’opposition kényane dit avoir été abandonné dans un aéroport de Dubaï après avor été drogué et déporté de force.

Miguna Miguna a fait part, vendredi, de son intention de rentrer au Kenya dès que possible.

La veille, un tribunal a imposé une amende au ministre de l’Intérieur et au chef de la police nationale de ce pays d’Afrique de l’Est pour ne pas s’être présentés en cour afin d’expliquer le traitement réservé à M. Miguna.

Plus tôt cette année, le Canado-Kényan s’était tenu au côté du leader de l’opposition, Raila Odinga, lors d’une fausse cérémonie d’assermentation visant à contester la réélection du président Uhuru Kenyatta.

C’est dans le cadre de ces tensions postélectorales que M. Miguna a été déporté vers le Canada, il y a un mois. Un tribunal a cependant sommé les autorités de lui permettre de revenir au Kenya - ce qu’il a tenté de faire cette semaine.

Alors qu’il rentrait au bercail, il a été détenu pendant plus d’une journée dans les toilettes d’un aéroport de Nairobi.

Il raconte avoir été ensuite transporté de force vers les Émirats arabes unis.

M. Miguna a signalé sur les réseaux sociaux que la compagnie aérienne «alléguait n’avoir d’autre choix que de (le) transporter inconscient et sans document de voyage parce que ‘’l’État avait refusé de leur accorder la permission de partir’’».

Air Emirates ne lui permet maintenant pas de s’envoler pour Nairobi puisque «le gouvernement illégitime d’Uhuru Kenyatta a menacé de leur refuser les droits d’atterrissage», a-t-il ajouté.

La compagnie aérienne n’a pas donné suite aux demandes de commentaire.

L’imbroglio survient deux semaines après une rencontre surprise entre le président Kenyatta et son opposant Raila Odinga. Les deux hommes tentent de sortir le pays de la tourmente électorale.

La réélection de M. Kenyatta, le 8 août dernier, avait été annulée par la Cour suprême en raison d’«irrégularités et d’illégalités» dans le scrutin. La reprise du vote avait été largement boycottée par les sympathisants de Raila Odinga, qui réclamait des réformes électorales.