S'adressant à des journalistes à Morristown au New Jersey avant de monter à bord de Air Force One, Donald Trump a notamment déclaré que «la haine n'avait pas de place dans notre pays».

Tueries aux États-Unis: Trump blâme la maladie mentale

EL PASO — Donald Trump a assuré dimanche que «la haine» n'avait pas sa place aux États-Unis après deux fusillades meurtrières qui ont fait 29 morts et relancé les critiques contre le ton incendiaire du président, accusé par ses détracteurs de nourrir les tensions dans le pays.

Un homme blanc de 21 ans a ouvert le feu samedi matin à El Paso, ville à majorité hispanique, faisant 20 morts, dont six Mexicains, dans un centre commercial bondé.

Placé en garde à vue, il a été inculpé dimanche et encourt la peine de mort, a déclaré la police locale.

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Dans la nuit de samedi à dimanche, un autre jeune homme blanc, âgé de 24 ans, a abattu neuf personnes, dont sa propre soeur, dans un quartier animé de Dayton, dans l'Ohio, au nord-est.

«Il n'y a pas de place pour la haine dans notre pays», a réagi le président américain dans sa première apparition télévisée depuis les drames, qui ont semé la consternation dans le pays.

«Il faut que ça s'arrête. Ça dure depuis des années», a-t-il poursuivi en référence aux tueries de grande ampleur qui frappent régulièrement les États-Unis.

Depuis le début de l'année, plus de 250 fusillades ont fait quatre victimes, morts et blessés confondus, selon un décompte de l'organisation Gun archives violence.

«Peut-être qu'on peut faire davantage» pour lutter contre cette épidémie, a reconnu le président, avant d'ajouter que les deux drames relevaient «d'un problème de maladie mentale».

Cet argument est régulièrement utilisé par les républicains pour contrer les demandes de ceux qui voudraient une meilleure régulation du marché des armes à feu.

La piste raciste

La police examine la piste du racisme dans la tuerie d'El Paso, dont l'auteur est soupçonné d'avoir rédigé un manifeste anti-hispanique avant de passer à l'acte.

L'affaire est traitée comme un cas de «terrorisme intérieur», a annoncé la justice fédérale.

La plupart de ses victimes, qui n'ont pas encore été identifiées, sont tombées à l'intérieur d'un supermarché Walmart, et quelques-unes sur le stationnement, a précisé le chef de la police locale Robert Gomez.

Après ce bain de sang, Donald Trump a été accusé par ses adversaires démocrates d'alimenter la montée de l'intolérance avec ses fréquentes déclarations au vitriol.

«M. le président, arrêtez votre rhétorique raciste, haineuse et anti-immigrés», a tweeté Bernie Sanders, l'un des favoris de la primaire démocrate. «Votre langage créé un climat qui encourage les extrémistes violents», a-t-il ajouté.

Trente secondes

Dans l'Ohio, le bilan de la tuerie aurait pu être encore plus dramatique.

Des policiers qui patrouillaient dans le quartier ont abattu Connor Betts 30 secondes après ses premiers tirs.

«S'ils n'avaient pas été là [...] nous aurions pu avoir des centaines de morts et de blessés», a déclaré Nan Whaley, la mairesse de la ville.

Le jeune homme, équipé d'un fusil à cadence rapide et d'un gilet pare-balles, avait toutefois eu le temps de faire neuf morts et 27 blessés.

Anthony Reynolds sortait d'un night-club avec son cousin à ce moment-là. «Quand on a vu les corps commencer à tomber, on a compris que c'était grave», a-t-il raconté sur la chaîne MSNBC. «Nous avons crié aux gens : "courez, il y a un tireur", a-t-il ajouté.

Parmi les victimes figurent six Noirs et trois Blancs âgés de 22 à 57 ans, dont la soeur du tireur, l'une des premières à être tombée sous ses balles, a précisé la police.

Il était arrivé sur les lieux dans le même véhicule qu'elle, avec une autre connaissance qui a été interrogée par les enquêteurs.

Le chef de la police locale, Richard Biehl, a refusé de spéculer sur les motivations du jeune homme. «Nous n'avons pas assez d'informations à ce stade pour répondre à la question que tout le monde se pose : pourquoi?».

Avec Antoine Boyer à Washington