Si le président américain s’est engagé depuis son arrivée au pouvoir dans une virulente joute verbale avec le leader nord-coréen qui a multiplié les essais nucléaires, il a changé sensiblement de ton au cours des dernières semaines.

Trump affirme avoir été mal cité sur Kim Jong-Un

Le président américain Donald Trump a accusé dimanche le Wall Street Journal, l’un des quotidiens les plus respectés du pays, de l’avoir délibérément mal cité sur sa relation avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

Samedi, la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders avait déjà affirmé que la phrase citée par le WSJ («J’ai probablement une bonne relation avec Kim Jong-Un», qui pouvait laisser croire que les deux dirigeants étaient en contact) était en fait au conditionnel. Elle avait accompagné son message sur Twitter d’un bandeau vengeur: «Fake News».

Le quotidien, pour sa part maintien sa version.

Le président lui-même est revenu sur l’incident en tweetant dimanche matin: «Le Wall Street Journal a faussement fait état que je leur avais dit que j’ai une bonne relation avec Kim Jong-Un. À l’évidence, je n’ai pas dit ça».

«J’ai dit que j’aurais une bonne relation avec Kim Jong-Un, une grosse différence. Heureusement que désormais nous enregistrons les conversations avec les journalistes et ils savaient exactement ce que j’ai dit et voulais dire. Ils voulaient juste faire les gros titres. Fake news!», a-t-il conclu.

La Maison-Blanche et le journal ont chacun publié sur Twitter l’enregistrement audio de la phrase pendant l’interview et il semblerait qu’effectivement la Maison-Blanche ait raison, même si la phrase n’est pas très audible (en anglais, la différence est mince, entre «I have» et «I’d have»).

Washington et Pyongyang s’affrontent verbalement depuis des mois autour du programme nucléaire nord-coréen et M. Trump a insulté, à de nombreuses reprises, le dirigeant de la Corée du Nord, le traitant notamment de fou.

Dans l’interview au WSJ, il a refusé de dire s’il avait déjà parlé avec M. Kim. «Je ne dis pas que je l’ai fait ou que je ne l’ai pas fait. Je ne souhaite simplement pas m’exprimer», avait-il déclaré.

Mais si le président américain s’est engagé depuis son arrivée au pouvoir dans une virulente joute verbale avec le leader nord-coréen qui a multiplié les essais nucléaires, il a changé sensiblement de ton au cours des dernières semaines.

Il y a quelques jours, il s’est félicité des discussions entre le Nord et le Sud. A l’issue de ces dernières, les deux pays ont convenu que Pyongyang allait envoyer une délégation aux JO d’hiver qui se tiennent à Pyeongchang du 9 au 25 février.

Le programme Daca pour les jeunes immigrés «probablement mort» 

Le président Donald Trump a estimé dimanche que le programme Daca, qui permet à 690.000 jeunes immigrés de travailler et d’étudier aux Etats-Unis en toute légalité, était «probablement mort».

«Daca est probablement mort parce que les démocrates n’en veulent pas vraiment, ils veulent juste parler et prendre de l’argent dont notre armée a désespérément besoin», a tweeté M. Trump.

«En tant que président, je veux que les gens venant dans notre pays nous aident à être plus forts et grands à nouveau, des gens qui viennent à travers un système basé sur le mérite. Plus de loteries!  #America first», a-t-il poursuivi.

Ces déclarations interviennent après plusieurs jours de vives condamnations à travers le monde de propos qu’auraient tenus le milliardaire républicain jeudi lors d’une réunion avec des parlementaires américains à la Maison Blanche.

Selon plusieurs médias et des témoins, il a dénoncé l’immigration en provenance de «pays de merde» tels que Haïti, le Salvador ou des pays africains. Il a contesté vendredi l’utilisation de cette expression, reconnaissant avoir néanmoins utilisé un langage «dur».

Les parlementaires étaient présents pour évoquer les discussions entre les responsables des deux partis pour encadrer le sort des «Dreamers», les jeunes bénéficiaires du programme appelé Daca (Deferred Action for Childhood Arrival), hérité de l’administration de Barack Obama.

En septembre, M. Trump a abrogé le programme qui a permis à 690.000 jeunes, entrés illégalement aux Etats-Unis alors qu’ils étaient enfants, de travailler et d’étudier en toute légalité en les protégeant de l’expulsion. Il a donné jusqu’au 5 mars au Congrès pour trouver un compromis.

Mais il a lié toute régularisation à son projet de mur à la frontière avec le Mexique, auquel les démocrates se sont jusqu’à présent opposés fermement.