Le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a visité samedi un camp de réfugiés syriens au Liban après avoir passé trois jours en Syrie.

Syrie: l’ONU exhorte Damas à lui laisser accéder à tous les rapatriés

BEYROUTH — Le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a affirmé samedi avoir exhorté le gouvernement syrien à autoriser son agence à avoir accès à toutes les régions du pays ravagé par la guerre accueillant des rapatriés.

«Il est très important que, dans les zones de retour, les organisations comme la mienne [...] soient présentes», a déclaré M. Grandi au terme d’une visite de trois jours en Syrie.

Il est essentiel qu’elles «puissent observer les retours, qu’elles puissent avoir accès aux rapatriés et les aider à résoudre certains problèmes auxquels ils sont confrontés», a ajouté le chef du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR).

«C’est le message très fort que j’ai transmis au gouvernement syrien», a poursuivi le responsable onusien lors d’une conférence de presse à Beyrouth.

Filippo Grandi a visité cette semaine les provinces syriennes de Homs et de Hama (centre), mais l’accès aux banlieues de Damas est plus difficile, a-t-il fait remarquer.

«Sans cette présence [du HCR], il y a un élément de confiance qui manque pour le retour» des réfugiés, a insisté le chef du HCR.

Plus de 5,6 millions de Syriens ont fui les combats et trouvé refuge à l’étranger depuis le début du conflit en 2011, selon le HCR.

La guerre en Syrie a éclaté après la répression sanglante de manifestations prodémocratie par le régime de Bachar al-Assad. Des opposants avaient alors décidé de prendre les armes. Elle s’est complexifiée avec l’implication de puissances étrangères et de djihadistes.

Au Liban, quelque 1,5 million de Syriens avaient trouvé refuge, selon les autorités. Des dizaines de milliers seraient déjà rentrés, d’après la Sûreté générale libanaise, mais nombreux sont ceux qui restent récalcitrants à envisager un tel retour.

Les hommes de plus de 18 ans craignent d’être enrôlés de force dans l’armée syrienne. L’absence d’emplois et de services de base dans leur pays d’origine ainsi que la poursuite des combats sur plusieurs fronts, expliquent également la réticence des réfugiés à rentrer.

Le gouvernement syrien a «accepté d’accorder une période de grâce de six mois» aux jeunes n’ayant pas accompli leur service obligatoire. Mais «il y a eu quelques cas où cela, à notre avis, n’a pas été respecté [...] et nous l’avons signalé» au gouvernement, a souligné M. Grandi.

Soutenu depuis 2015 par la Russie, le régime de Damas a enchainé les victoires contre rebelles et djihadistes et contrôle aujourd’hui près des deux tiers du pays.

L’an dernier, son armée a reconquis la Ghouta orientale, dernière enclave rebelle dans la banlieue de Damas.

La guerre en Syrie a fait plus de 360 000 morts depuis 2011 et déplacé des millions de personnes.