Le premier ministre britannique Boris Johnson «récupère» après avoir été victime du coronavirus.
Le premier ministre britannique Boris Johnson «récupère» après avoir été victime du coronavirus.

Royaume-Uni: Boris Johnson récupère, le gouvernement critiqué

LONDRES — Le premier ministre britannique Boris Johnson «récupère» après avoir été victime du coronavirus et reste en contact avec son gouvernement, critiqué pour sa réponse à la pandémie qui a dépassé les 16 000 morts à l’hôpital.

Sorti il y a une semaine de l’hôpital, «le premier ministre se rétablit bien, il est de bonne humeur», a déclaré dimanche le ministre d’État, Michael Gove, à la chaîne de télévision Sky News. Le dirigeant conservateur de 55 ans «a eu l’occasion de parler à Dominic Raab», le ministre des Affaires étrangères qui le remplace pendant sa convalescence. Ce dernier a transmis «les instructions du premier ministre au reste du gouvernement» lors d’une conférence téléphonique samedi matin, a précisé M. Gove.

Le Royaume-Uni est l’un des pays en Europe les plus touchés par la maladie COVID-19. Le nombre des personnes atteintes du nouveau coronavirus et mortes à l’hôpital a atteint 16 060, avec 596 décès supplémentaires par rapport à la veille, selon le dernier bilan communiqué par le ministère de la Santé dimanche.

Le confinement instauré le 23 mars a été prolongé d’au moins trois semaines jeudi et le gouvernement n’envisage pas encore d’en sortir.

Aucune date de déconfinement

«Les gens sont impatients de savoir quand nous allons assouplir les restrictions, quand les écoles pourront rouvrir complètement […], mais je ne peux pas donner de date», a déclaré le ministre de l’Éducation, Gavin Williamson, lors de la conférence de presse quotidienne du gouvernement dimanche, au dernier jour des vacances scolaires d’avril.

Le pays n’a «pas encore dépassé» le pic de l’épidémie, ce qui est une des conditions fixées par le gouvernement pour assouplir le confinement, a souligné à ses côtés Jenny Harries, cheffe adjointe des autorités de santé. Toutefois, «les choses vont dans la bonne direction», a-t-elle dit.

Parmi les rares bonnes nouvelles, à Londres, particulièrement touchée par le virus, le nombre d’hospitalisations de malades du nouveau coronavirus a diminué ces derniers jours, a-t-elle souligné.

Si la hausse de 596 décès annoncée dimanche est moins forte que les jours précédents, «les chiffres britanniques sont très fluctuants», a commenté dans un communiqué le professeur James Naismith, directeur de l’Institut scientifique Rosalind Franklin.

En outre, le bilan annoncé par le gouvernement n’inclut pas les morts en maison de retraite ou à domicile dont le nombre est «malheureusement certainement important», a-t-il souligné.

Des organismes représentant des maisons de retraite évoquent entre 4000 et 7500 décès dans ces établissements.

Depuis le début de la pandémie, le manque de réactivité de Boris Johnson est montré du doigt et le Sunday Times est revenu à la charge dimanche, accusant le gouvernement d’avoir ignoré les alertes des scientifiques et les appels à s’approvisionner en combinaisons médicales, et Boris Johnson d’avoir manqué plusieurs réunions de crise consacrées au virus.

Dans une tribune au Mail on Sunday, le chef du Labour, principal parti d’opposition, Keir Starmer, a jugé le gouvernement «trop lent» à décréter le confinement, augmenter le nombre de dépistages et fournir des équipements appropriés aux soignants.

«Personne ne peut dire que le premier ministre ne s’est pas jeté corps et âme dans la lutte contre le virus» l’a défendu Michael Gove, jugeant «grotesques» ces accusations.

Il a assuré que le gouvernement redoublait d’efforts pour s’approvisionner en combinaisons médicales. Mais le départ de Turquie d’une cargaison de 84 tonnes d’équipement médical, dont 400 000 blouses chirurgicales, a été retardé cette fin de semaine.

Face à cette situation tendue, les autorités sanitaires ont adapté leurs directives vendredi. Les soignants peuvent désormais se voir demander de réutiliser certains éléments de leurs combinaisons médicales, ce qui a ému les associations de médecins et d’infirmières.