«Son adoption aujourd’hui saperait l’engagement de l’administration [américaine] à surmonter les véritables défis de nos relations bilatérales avec la Turquie», a déclaré le sénateur républicain David Perdue pour expliquer son opposition.

Résolution sur le génocide arménien de nouveau bloquée au Sénat

WASHINGTON — Un sénateur républicain a bloqué jeudi l’adoption au Sénat américain d’une résolution reconnaissant le génocide arménien, après que la Chambre des représentants l’a formellement reconnu à une écrasante majorité.

C’est la deuxième fois qu’un parlementaire républicain empêche l’adoption définitive au Congrès de ce texte, dont le vote à la Chambre fin octobre avait provoqué l’ire de la Turquie.

«Son adoption aujourd’hui saperait l’engagement de l’administration [américaine] à surmonter les véritables défis de nos relations bilatérales avec la Turquie», a déclaré le sénateur républicain David Perdue pour expliquer son opposition.

Il a de ce fait bloqué la tentative de faire adopter cette résolution par une procédure accélérée requérant l’unanimité au Sénat.

Le sénateur démocrate Robert Menendez, qui avait demandé un vote unanime, a affirmé qu’il insisterait.

«Il semble toujours y avoir une raison pour que ce ne soit pas le bon moment», a-t-il déploré. «Il me semble incroyable que la plus grande puissance du monde ne puisse pas exprimer la vérité sur l’histoire». L’ex-candidat à la primaire républicaine Ted Cruz s’est montré favorable à adoption du texte : «L’Amérique ne peut pas rester silencieuse face aux atrocités».

Les sénateurs pourront retenter de demander un vote à l’unanimité si la résolution n’est pas mise au vote par une procédure classique par le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell.

Le génocide arménien est reconnu par une trentaine de pays et la communauté des historiens. Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d’Arméniens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l’Empire ottoman, alors allié à Allemagne et à l’Autriche-Hongrie.

Mais la Turquie refuse l’utilisation du terme «génocide», évoquant des massacres réciproques sur fond de guerre civile et de famine ayant fait des centaines de milliers de morts dans les deux camps.

Après l’adoption, par 405 voix sur 435, de cette résolution à la Chambre des représentants le 29 octobre, Ankara avait dénoncé une «insulte».