Des militaires et des civils nord-coréens célébraient, dimanche, le tir par Pyongyang d’un missile balistique intercontinental (ICBM) capable de frapper selon la Corée du Nord n’importe quel site du territoire continental des États-Unis.

Rare visite en Corée du Nord d’un haut responsable de l’ONU

NATIONS UNIES — Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux Affaires politiques, l’Américain Jeffrey Feltman, effectuera de mardi à vendredi une visite officielle en Corée du Nord, a annoncé lundi le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric.

La visite surviendra six jours après le tir par Pyongyang d’un missile balistique intercontinental (ICBM) capable de frapper selon les Nord-Coréens n’importe quel site du territoire continental des États-Unis.

Il s’agira de la première visite de Jeffrey Feltman dans ce pays depuis sa prise de fonctions en 2012. Le dernier secrétaire général adjoint des Nations unies aux Affaires politiques à s’être rendu en Corée du Nord avait été B. Lynn Pascoe en février 2010, selon l’ONU.

La dernière visite d’un haut responsable de l’ONU en Corée du Nord avait été celle effectuée en octobre 2011. Les entretiens de Jeffrey Feltman avec les responsables nord-coréens porteront «sur des sujets d’intérêt et de préoccupation communs», a ajouté le porte-parole des Nations unies, sans pouvoir dire si le responsable de l’ONU rencontrera le numéro un nord-coréen Kim Jong-Un.

Il verra des diplomates étrangers et l’équipe des Nations unies déployée en Corée du Nord avec une mission humanitaire. Jeffrey Feltman se rendra sur plusieurs sites où l’ONU mène des projets, a-t-il précisé, en indiquant que son séjour se déroulerait principalement dans la région de Pyongyang.

Six agences de l’ONU sont présentes en Corée du Nord : le PNUD (développement), l’UNICEF (enfance), l’OMS (santé), le PAM (alimentation), la FAO (agriculture) et le Fonds des Nations unies pour la population. Au total, l’ONU compte une cinquantaine d’employés internationaux travaillant pour ces agences.

La Chine avant la Corée

Interrogé pour savoir si la visite de Jeffrey Feltman visait à préparer un déplacement par la suite à Pyongyang du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le porte-parole n’a pas répondu précisément. Le patron de l’ONU a toujours fait part de sa disponibilité pour une mission de bons offices si cela était nécessaire, a-t-il dit.

Cette visite intervient alors que la présidence tournante du Conseil de sécurité en décembre est assurée par le Japon, survolé plusieurs fois cet été par des missiles nord-coréens. Dans son programme de travail, Tokyo a prévu le 15 décembre une réunion de ce Conseil au niveau ministériel consacrée à la Corée du Nord et à ses programmes d’armements.

Après le tir de l’ICBM la semaine dernière et l’affirmation par la Corée du Nord qu’elle était devenue une puissance nucléaire à part entière, le Conseil de sécurité s’était réuni en urgence sans prendre de nouvelles sanctions à l’encontre de Pyongyang, comme lors des précédents essais de missiles intercontinentaux ou test nucléaire survenus au cours de l’été.

Huit trains de sanctions internationales pèsent contre la Corée du Nord, interdisant notamment ses exportations de charbon, de fer, de textile, de pêche, des entreprises communes avec des Nord-Coréens et l’emploi d’expatriés nord-coréens. Le dernier train de sanctions prévoit aussi une limitation de ses approvisionnements en pétrole.